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BANDE DESSINÉE

Les GM&S occupent le 9e art

23 avril 2021 | Mise à jour le 23 avril 2021
Par | Photo(s) : DR
Les GM&S occupent le 9e art

Une BD-reportage remet à l'honneur le combat des GM&S, pour l'emploi, pour la dignité. L'auteur a mené une enquête en profondeur pendant trois années auprès des premiers concernés, les salariés. Lesquels racontent le « pillage » de leur entreprise, « cas d'école de ce qui se passe dans le monde de la sous-traitance » et une lutte engagée dans la fraternité.

Rappelez-vous. Nous sommes en mai 2017. À La Souterraine, petite ville de la Creuse, l'usine du sous-traitant automobile GM&S est en ébullition. Occupée. Les salariés, qui produisent des pièces pour PSA, sont à bout. Et, pour attirer l'attention sur leur sort, menacent de tout faire sauter. Ils accusent le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, et les constructeurs de ne pas tenir leurs engagements. Comment a-t-on pu en arriver là ?

C'est ce que cherche à comprendre Benjamin Carle, lequel s'était distingué en réalisant le documentaire Made in France, dans une bande dessinée qui, grâce à une mise en page de David Lopez colorée et vivante, très « story board », se lit, se regarde pourrait-on dire comme un docu à la télé.

« On va tout péter » : la lutte des GM&S diffusée sur Arte

Du fleuron local au désastre industriel

Une enquête en profondeur menée pendant trois années auprès des premiers concernés, les salariés. Lesquels, grâce à une mémoire ouvrière collective entretenue par des militants CGT présents depuis les quasi-débuts du site, en 1963, démontrent comment au fil du temps, des reprises-redressements-liquidations-nouvelle reprise et ainsi de suite – la société a changé neuf fois de nom depuis son installation à La Souterraine – ce qui était un fleuron local s'est transformé en désastre industriel, social, humain.

« Un pillage organisé depuis longtemps », « un cas d'école de ce qui se passe dans le monde de la sous-traitance et leur subordination aux donneurs d'ordre », comme l'expliquent les camarades de l'usine.

Des camarades qui prennent vie et chair au fil des pages. Dont on suit les discussions, les débats, les colères, les réflexions, les combats quotidiens. La fraternité née dans ces décennies de lutte commune face à des entrepreneurs qui se refusent à investir, quand ils ne manquent pas tout simplement de fonds propres, des donneurs d'ordre qui préfèrent se fournir ailleurs ; ou face au mépris du gouvernement.

Ils défendent alors leur usine, certes, mais pas seulement. Car dans une Creuse où GM&S est le deuxième employeur privé du département, tout ce qui touche au sous-traitant a forcément des conséquences sur l'emploi et la vie locale.

La justice donne raison aux GM&S

Un hommage aux combats syndicaux

À l'heure où des mots comme « réindustrialisation », « relocalisation » fleurissent dans les bouches gouvernementales, cette BD-documentaire témoigne, au-delà des seuls GM&S, des méfaits, des conséquences de la politique industrielle menée depuis des décennies et de l'obsession patronale d'une recherche de production à bas coûts au profit d'une rentabilité maximale.

Il rend également un hommage mérité aux combats, aux engagements de la CGT et des salariés de GM&S, à une fraternité ô combien nécessaire en ces temps. À lire, et à faire lire.

Sortie d'usineBenjamin Carle et David Lopez. Éditions Steinkis, 128 pages. 18 euros.
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