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ENTRETIEN

« Les intérêts américains s’imposent » : l’alerte du leader du syndicalisme vénézuélien sur la situation dans son pays

23 mars 2026 | Mise à jour le 23 mars 2026
Par | Photo(s) : DR
« Les intérêts américains s’imposent » : l’alerte du leader du syndicalisme vénézuélien sur la situation dans son pays

Pedro Eusse

Pedro Eusse est le secrétaire général de la Centrale unitaire des travailleurs du Venezuela (CUTV). Il fait le point sur la donne politique et économique dans son pays deux mois et demi après l'enlèvement du président Nicolas Maduro, ainsi que sur la mobilisation des syndicalistes. 

Que pensez-vous de la modification de la loi sur les hydrocarbures engagée par le gouvernement par intérim ?Cette mesure laisse miroiter des solutions aux problèmes économiques du peuple, mais on omet de préciser que les ressources issues de l'exportation de brut seront en réalité administrées par les Étasuniens. De son côté, l'organisation patronale Fedecamaras réclame une révision de la loi organique du travail afin de légaliser ce qui est déjà appliqué : la destruction du salaire comme base de calcul des indemnités et des prestations sociales. Le « madurisme » et sa continuité, en version ouvertement pro-américaine, le « rodriguisme » sont en train de démanteler la capacité de lutte collective des travailleurs, ce qui ne fera qu'aggraver la surexploitation et la précarisation.Avant l'arrestation de Nicolas Maduro le 3 janvier, les syndicats s'apprêtaient à manifester mi-janvier, dans le cadre d'un accord unitaire. Quelles étaient vos revendications ?L'accord unitaire porte prioritairement sur la défense du salaire et des retraites, conformément à la Constitution, ainsi que sur le rétablissement de la liberté syndicale et des négociations collectives. Nous avons élaboré un « Cahier de revendications de la classe ouvrière » pour exiger de l'État qu'il mette fin à cette politique anti-ouvrière, responsable d'un appauvrissement généralisé et d'un exode massif des Vénézuéliens. Les événements du 3 janvier nous ont contraints à revoir notre stratégie, mais la reprise de notre agenda de mobilisation à l'échelle nationale est imminente.Quel est le rôle de la solidarité syndicale internationale dans cette séquence ?Le soutien actif du mouvement ouvrier mondial nous est vital. Au Venezuela, les intérêts des grands capitaux américains s'imposent en conservant un schéma autoritaire de contrôle social. Depuis 2018, un programme d'ajustement néolibéral sévère a accéléré le démantèlement des syndicats autonomes. De sorte que la revitalisation de nos luttes n'est pas facile face à de tels pouvoirs économiques et politiques, surtout après l'agression impérialiste du 3 janvier… Mais tous les travailleurs de la planète font actuellement face à une offensive du grand capital sur fond d'affrontement entre puissances pour l'hégémonie économique. Nous n'avons donc pas d'autre choix que de lutter ensemble pour construire des rapports de force favorables.