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Coronavirus

Les personnes sans abris sont ultra-vulnérables

25 mars 2020 | Mise à jour le 25 mars 2020
Par | Photo(s) : Sylvain Thomas/AFP
Les personnes sans abris sont ultra-vulnérables

Quelque 250.000 personnes dorment aujourd'hui à la rue et sont particulièrement vulnérables. Dans cette période de crise sanitaire inédite, les bénévoles des associations de solidarité poursuivent un travail remarquable et indispensable.

Confinement impossible, gestes barrières tels que le fréquent lavage de mains également, mendicité réduite à presque rien… : vulnérables au quotidien, les personnes sans abris le sont plus encore durant cette période de crise sanitaire. Tant pour l'accès à une hygiène salutaire que pour leur santé ou pour se nourrir. Selon le dernier recensement de l'Insee, qui date de 2012, ils étaient alors quelque 150.000 en France, mais les associations estiment qu'ils seraient en réalité jusqu'à 250.000. Plus encore que dans d'autres conditions, ces personnes fragiles ont besoin d'aide, d'accompagnement, de solidarité… C'est aussi le cas des réfugiés, et nous y reviendrons dans un prochain papier

Des mesures attendues

Le gouvernement a annoncé certaines mesures, que nombre d'acteurs de la solidarité jugent importantes, mais insuffisantes. Ainsi, la trêve hivernale est repoussée de deux mois, ce qui signifie qu'il n'y aura pas de nouvelles expulsions avant le 31 mai. De même selon le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités locales, «les 14 000 places d'hébergement d'urgence ouvertes pour la période hivernale sont maintenues deux mois supplémentaires afin d'éviter toute remise à la rue de personnes hébergées». Et le ministre du Logement Julien Denormandie a annoncé la mise à disposition de 2.000 places d’hôtel supplémentaires en France pour les personnes sans abri ainsi que l’ouverture de trois sites de confinement. Le ministère des Solidarité a annoncé que des sites dits de « desserrement » devraient être trouvés dans les régions pour « accueillir et isoler(…) les personnes sans domicile diagnostiquées mais ne nécessitant pas une hospitalisation.» Dans un tel contexte, le travail des associations et de leurs bénévoles est indispensable.

En Seine-Saint-Denis, des maraudes indispensables

En Seine-Saint-Denis, témoigne Jean Robin, responsable des maraudes des Restos du Cœur (et ancien salarié de la NVO), celles-ci se maintiennent avec sept camions et donc quatorze bénévoles qui partent chaque soir d'Aulnay-sous-Bois munis de laissez-passer spécifiques, pour distribuer des repas à plusieurs centaines de personnes sans abri de quarante communes du département, de 20 heures à une heure du matin. Parmi les personnes aidées, Jean Robin s'alarme de voir des femmes battues qui ont quitté le domicile avec leurs enfants, ou des mamans qui viennent d'accoucher, avec leurs bébés, ou des jeunes sortant des dispositifs de la Ddass à leur majorité… Supprimer des maraudes signifierait que les personnes sans logement concernées devraient se rendre sur des points fixes, et c'est une hypothèse fort possible, d'autant que les bénévoles sont eux aussi vulnérables, même s'ils prennent toutes les précautions.

La question des ressources est aussi posée. Dans le département, les maraudes bénéficient des repas des cuisines d'Aubervilliers réalisés par des travailleurs en réinsertion et de ce que les cuisines centrales du département ont en réserve et n'utiliseront pas du fait de la fermeture de collectivités. Et, souligne Jean Robin, les structures ou associations qui interviennent sur le département (Samu social, qui n'apporte pas de nourriture mais dont les professionnels « suivent » des personnes qui en ont besoin, Secours islamique qui, notamment durant le Ramadan, parvient à servir 1000 repas par jour à Saint-Denis et dans les communes avoisinantes…) parviennent à coopérer. Tous ces bénévoles réalisent en tout cas un travail indispensable.

L'État doit prendre ses responsabilités

Ceux du Secours populaire sont eux aussi mobilisés pour continuer à aider les personnes ou les familles en grande difficulté sur tout le territoire. Dès le début de l'épidémie ont pu être mis à disposition des produits d'hygiène (savons, gel hydro-alcoolique, mouchoirs en papier…) et l'un des enjeux est de maintenir l'aide alimentaire. Des centres d'accueil où les bénévoles interviennent avec toutes les protections possibles continuent de fonctionner, d'autres ont organisé des équipes mobiles, selon les régions… Et le SPF a lancé un appel aux dons.

S'il s'avère indispensable que l'État et les collectivités ne laissent personne au bord du chemin, partout, l'aide aux associations de solidarité est de plus en plus urgente, pour que les bénévoles, en dépit des difficultés et des risques, puissent poursuivre leur remarquable travail auprès des plus démunis et singulièrement des personnes sans abri.