Loi immigration : camouflet pour le gouvernement
Le Conseil Constitutionnel a largement censuré la loi sur l’immigration adoptée le 19 décembre avec les voix de la droite et de l’extrême droite. Les opposants à cette loi de la honte restent mobilisés pour empêcher sa mise en œuvre.
Publié le 26 janvier 2024
Le Conseil Constitutionnel a largement censuré la loi sur l’immigration adoptée le 19 décembre avec les voix de la droite et de l’extrême droite. Les opposants restent mobilisés pour empêcher sa mise en œuvre.
« C’est un camouflet pour le gouvernement et ses affidés qui avec les voix de la droite et de l’extrême-droite ont fait voter une loi de la honte au parlement », a commenté à chaud Gérard Ré, secrétaire confédéral de la CGT en charge des questions liées à l’immigration, au soir de la très attendue décision du Conseil Constitutionnel qui a censuré 35 articles de la loi immigration, dont 32 considérés comme des cavaliers législatifs (c’est-à-dire sans lien suffisant avec le sujet traité). « Nous appelons le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour régulariser les travailleurs sans-papiers, les grévistes en Ile-de-France mais aussi les livreurs d’Amazon en Seine-Maritime qui viennent de recevoir une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Il y a d’autres urgences que celle de faire la chasse aux immigrés dans ce pays, comme celle d’augmenter les salaires», a conclu le dirigeant cégétiste devant une foule d’opposants à la loi massée place du Louvre à Paris, à quelques encablures du Conseil Constitutionnel.
Le combat continue avec les organisations syndicales pour protéger les salariés qui organiseront la désobéissance civile.
« Le Conseil Constitutionnel a censuré largement le texte, notamment l’article sur l’hébergement d’urgence des sans-papiers qui était un des plus ignobles et contraire au principe même du droit à la vie des personnes d’origine étrangère. Mais 86 articles n’avaient pas leur place dans ce projet de loi inique. Nous continuerons de mener la bataille devant le Conseil d’Etat contre les décrets car le Conseil Constitutionnel n’étudie jamais la conformité aux conventions internationales. Le combat continue avec les organisations syndicales pour protéger les salariés qui organiseront la désobéissance civile. Il nous faut porter la bataille culturelle pour dire à l’opinion publique que les étrangers ne sont pas un problème, ils sont une richesse », analyse Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, place du Louvre, où se sont succédé des prises de parole de militants rassemblés à l’appel d’une large coordination de syndicats et d’associations (CGT, Sud, Solidaires, Amnesty International, Attac, Cimade, etc). « Depuis trop longtemps, les personnes exilées ne sont qu’une variable d’ajustement destinée à satisfaire des calculs politiques, vidant de son sens la devise liberté, égalité, fraternité. Même censurées de quelques dispositions jugées anticonstitutionnelles, ce texte le plus hostile aux personnes étrangères depuis 1945, ne fera qu’aggraver la précarité de dizaines de milliers de personnes », peut-on lire dans leur communiqué commun. « Ce n’est pas en rognant les droits des immigrés que vous améliorerez le sort des autres. Le Smic ne va pas augmenter, le prix de la farine ne va pas diminuer parce que vous supprimez des prestations aux personnes d’origine étrangère », déclare Aboubacar Dembele, représentant d’un collectif de travailleurs sans-papiers de la Poste. Mariama Sidibé, représentante de la coordination des sans-papiers de Paris appelle « à la régularisation de tous les sans-papiers ».
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