Reconnaître et faire connaître le crime de Charonne
À l’occasion du 59e anniversaire du massacre de Charonne, des militants reviennent sur l’enjeu de l’enseignement de cette séquence répressive contre les militants de la paix en Algérie et de son indépendance.
Publié le 8 février 2021
Dans le contexte de crise sanitaire et de restrictions qui s’imposent, les commémorations du massacre de neuf militants de la CGT au métro Charonne, à Paris, le 8 février 1962, se feront en comité restreint. Pour autant, comme le soulignent des militants d’aujourd’hui, il est important de leur rendre hommage, d’enseigner l’histoire de cette période, et de faire reconnaître le crime.
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Voilà plusieurs décennies que Henri Cukierman, président du comité « Vérité et justice pour Charonne » œuvre à entretenir et à transmettre la mémoire de Charonne, ce « crime d’État », commente-t-il, perpétré par la police du Préfet Maurice Papon et du ministre de l’Intérieur, Roger Frey, contre des militants pacifiques qui manifestaient pour la paix en Algérie. La répression des manifestants aura fait neuf morts et des centaines de blessés graves, matraqués à coups de « bidules », ces matraques de la police d’alors, ou écrasés par les grilles d’arbre en fonte projetées sur les manifestants tandis qu’ils se réfugiaient dans la station de métro.
Commémorer chaque année ce massacre, c’est bien sûr rendre hommage aux victimes. Mais pas seulement. C’est aussi l’occasion à la fois de revendiquer la reconnaissance des responsabilités de l’État et de revenir sur cette séquence historique auprès des plus jeunes générations.
https://nvo.fr/une-commemoration-necessaire/
Il s’agit notamment de rappeler le contexte politique – celui de la guerre d’Algérie – dans lequel un tel crime a pu être ordonné par un ministre et son préfet. « C’est aussi comprendre qu’hier comme aujourd’hui, ceux qui luttent peuvent changer le cours de l’histoire », souligne Henri Cukierman. Après sept ans et demi de guerre en Algérie qui revendiquait son indépendance, mais aussi quelques mois après le massacre, le 17 octobre 1961, de centaines de manifestants algériens à Paris par la police aux ordres du même Maurice Papon et quelques semaines après Charonne, de Gaulle devra hâter la fin de la guerre d’Algérie, rappelle-t-il.
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