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Industrie pharmaceutique

Sanofi : les salariés défendent leurs emplois et notre santé

8 juillet 2019 | Mise à jour le 8 juillet 2019
Par | Photo(s) : Jean-Philippe Ksiazek / AFP
Sanofi : les salariés défendent leurs emplois et notre santé

Une chaine de production de vaccins du site Pasteur de Sanofi à Marcy-l’Étoile, à côté de Lyon.

Alors que les ruptures de stocks sont de plus en plus fréquentes, et qu'Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, veut lutter contre la pénurie de médicaments, Sanofi, troisième groupe pharmaceutique mondial, ferme ses labos. Incompréhensible ?

« Il faut se battre sur la finalité de notre métier », assène Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi. Une finalité, la recherche et la production de médicaments, sérieusement mise à mal depuis l'annonce, le 19 juin dernier, d'un nouveau plan de « réorganisation », comme le qualifie le laboratoire pharmaceutique, touchant cette fois-ci tout le département de la recherche et développement du groupe. Réorganisation qui ne fait pas dans la dentelle : 299 postes supprimés et 189 autres qui feront l'objet de « transferts inter ou intra-sites », selon les chiffres présentés par Sanofi.

La logique de marché comme seule boussole de Sanofi

« Cela démontre le côté complètement subversif de la pression financière et des conséquences à la fois scientifiques, sociales et industrielles de choix qui sont faits dans le cadre d'une recherche de toujours plus d'argent à court terme », constate Thierry Bodin.

On diminue de plus en plus la voilure pour garder exclusivement quelques […] secteurs dans lesquels ils pensent qu'il y a un maximum de pognon à se faire.
Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi

« On arrête les recherches en cardio-vasculaire, sur la maladie d'Alzheimer, sur la maladie de Parkinson ; on ferme le site d'Alfortville, qui est un site de toxicologie, pour externaliser cette dernière. La pharmacovigilance, elle, va aussi être en partie externalisée. On diminue de plus en plus la voilure pour garder exclusivement quelques recherches en oncologie et en immuno-oncologie, des secteurs dans lesquels ils pensent qu'il y a un maximum de pognon à se faire. Comme le disait le PDG, rappelle Thierry Bodin : “ On ne peut pas être absent du “marché” de l'immuno-oncologie”. On ne répond pas aux besoins de santé, mais au “marché” ! »

La mobilisation des salariés s’organise

Difficile à avaler pour les salariés, plus que jamais mobilisés. Plus de 450 se sont ainsi retrouvés à Chilly-Mazarin le 4 juillet, et plus d'une centaine à Montpellier, pour manifester leur opposition à cette mort annoncée de la recherche pharmaceutique en France. D'autant plus incompréhensible que « Sanofi a fait 7 milliards de profits [en 2018, ndlr] et bénéficie de 130 millions euros par an de crédit d'impôt recherche. C'est de l'argent public versé non pas au service du développement scientifique industriel mais pour plaire aux actionnaires et augmenter la rentabilité financière », s'insurge le représentant syndical, qui craint de nouvelles restructurations à venir.

« On va reclasser des gens de différents secteurs en immuno-oncologie, mais cela va prendre des mois, voire des années, pour qu'ils acquièrent de l'expertise. Et dans trois ou dans quatre ans, la direction va nous dire : “Ça ne marche pas, au revoir !” »

Les pouvoirs publics restent muets

Un argumentaire que les Sanofi ont porté devant la Direccte vendredi dernier, et qu'ils plaideront à nouveau aujourd'hui, lundi 8 juillet, devant les élus du Val-de-Marne, département le plus touché par cette restructuration. « On se bat, mais on est dépités devant le manque de réaction des pouvoirs publics, même si l'on n'en attend rien, et des forces politiques », regrette Thierry Bodin. « Les salariés, eux, défendent la boîte, défendent le potentiel scientifique et industriel, défendent l'éthique. »