Cet été, la NVO vous propose de redécouvrir en ligne certains des articles parus dans votre magazine papier.
Pour les travailleurs sous contrat précaire, c’est la double peine : s’être d’abord retrouvés sans travail en raison de l’arrêt brutal des activités saisonnières et des missions d’intérim, puis sans ressources, faute de remplir les conditions requises par Pôle emploi pour l’ouverture de droits au chômage. « Ça va être dramatique, beaucoup de saisonniers de mon secteur qui n’ont pas cumulé six mois d’activité ou qui ont utilisé leurs droits pendant le confinement vont rester sur le carreau », s’inquiète Audrey, responsable d’animation en village de vacances. Membre du collectif #JeSuisSaisonnier, Audrey est signataire d’une lettre ouverte intitulée « Nous, les 8 % de la richesse nationale », adressée au Premier ministre pour revendiquer des mesures de soutien aux saisonniers : la levée du décompte des jours d’indemnisation Pôle emploi consommés depuis la date du confinement jusqu’à la signature d’un prochain contrat ; la remise en place du rechargement automatique des droits Pôle emploi pour tous les saisonniers (tourisme et agriculture), dispositif supprimé par la réforme de 2019.Travailleurs précaires, les oubliés du déconfinement
Intérimaires, saisonniers ou chômeurs, ils ont été les perdants du confinement et sont les oubliés du déconfinement. Faute de mesures de soutien par les pouvoirs publics, ils risquent de basculer dans la grande précarité, voire la misère.
Publié le 22 juillet 2020
Intérimaires, saisonniers ou chômeurs, ils ont été les perdants du confinement et sont les oubliés du déconfinement. Faute de mesures de soutien par les pouvoirs publics, ils risquent de basculer dans la grande précarité, voire la misère.
Ne manquez rien de l’actualité sociale
Abonnez-vous à la newsletter de la NVO
Ces oubliés du déconfinement qui ne peuvent plus payer leur loyer ni se nourrir n’ont pas d’autre choix que de s’adresser aux associations caritatives. Ibrahima Tall, élu au CSE et délégué syndical CGT d’Adecco Intérim Ile-de-France.
Autres oubliés de l’intérim, les salariés de la restauration collective, avec ce cas d’école au Technocentre de Guyancourt (Yvelines) où un seul des cinq restaurants du site a rouvert ses portes, mais avec des restrictions d’afflux de clientèle et, par ricochet, une baisse drastique des contrats de mission pour les intérimaires qui y travaillaient. « Ces oubliés du déconfinement qui ne peuvent plus payer leur loyer ni se nourrir n’ont pas d’autre choix que de s’adresser aux associations caritatives », s’indigne Ibrahima.
Quant aux « premiers de corvée », intérimaires du nettoyage à l’hôpital, du commerce alimentaire (sécurité, mise en rayon) ou du transport-logistique qui ont assuré les activités essentielles pendant le confinement, ils ne verront pas la couleur de la prime que les employeurs réservent aux seuls salariés en CDI, et qu’ils refusent de verser aux intérimaires, alors qu’ils ont été exposés aux mêmes risques sanitaires.
Du reste, le patronat de l’intérim ne fait aucun mystère de l’état de santé du marché du travail temporaire : « Une crise d’ampleur sans précédent » ; « Un choc quatre à cinq fois supérieur à celui de 2008 », dixit Prism’emploi – qui regroupe plus de 600 entreprises de travail temporaire et leurs 10 000 agences –, à l’appui d’une étude ad hoc.
Études aux révélations plus qu’inquiétantes : une baisse de 70 % d’activité entre les 15 et 20 mars a engendré la destruction de près de 500 000 équivalents temps plein. Idem, ou presque, en avril, avec – 61 % d’heures de travail temporaire correspondant à une perte de 475 000 ETP (équivalents temps plein) par rapport à 2019. Secteur le plus touché, le BTP, en baisse d’activité à plus de 80 %, suivi du commerce et services qui enregistre – 50 %, et du transport-logistique, – 30 %.
Le saviez-vous ? Le statut des travailleur détaché est défini par la directive européenne du 16 décembre 1996 permettant à un employé travaillant dans un État membre de l’Union européenne d’être détaché pour aller travailler dans un autre État membre.
Entrés sur le territoire français par dérogation spéciale accordée par le ministère de l’Agriculture, ces saisonniers étaient rémunérés au salaire minimum de leur pays, à l’instar des travailleurs détachés.
Problèmes : « Des conditions de travail et d’hébergement proches de l’esclavage et des protections sanitaires si lacunaires que l’on recensait, fin mai, 200 cas de contamination sur deux domaines arboricoles. »
D’où cette revendication portée par la Fnaf-CGT pour interpeller le ministre de tutelle et les préfets de la région Paca : « Maintien et contrôle des mesures sanitaires anti-Covid ; dépistage systématique des saisonniers ; rémunération au Smic pour tous et protection sociale du niveau de la MSA. » Le fameux « monde d’après » ne fait que commencer.
Dossier
Quand la musique bosse
Heavy Metal, krautrock, rap… Avant d’animer nos ondes et nos platines, de nombreuses chansons ont jailli des usines ou des quartiers ouvriers. Dans cette série d’été, NVO.fr raconte comment le monde du travail a révolutionné l’histoire de la musique.
Dossier / 5 articles
Nos articles les plus lus
Articles recommandés pour vous