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Coronavirus

Chroniques du coronavirus : un salarié de Renault Cléon décède du Covid-19

25 mars 2020 | Mise à jour le 28 mars 2020
Par | Photo(s) : Charly Triballeau / AFP
Chroniques du coronavirus : un salarié de Renault Cléon décède du Covid-19

Comment les salariés et les militants syndicaux s'adaptent à cette réalité ? Ceux qui travaillent de chez eux, ceux qui sont tenus de se présenter à leur poste… Chaque jour, la NVO vous raconte le quotidien des travailleurs à l'heure du Covid-19. Aujourd'hui : les salariés de Renault à Cléon (Seine-Maritime).

Les 4000 salariés de Renault Cléon sont en deuil et inquiets après l'annonce du décès d'un des leurs, le 21 mars 2020, du coronavirus. La CGT dénonce l'irresponsabilité de Renault, et demande que tous les sites industriels de production non vitaux soient immédiatement mis à l'arrêt.

« Un salarié de maintenance de l'usine Renault Cléon est décédé du coronavirus. Il avait 56 ans. L'ensemble des salariés est bouleversé. Cette pandémie mortelle touche parfois nos proches, nos collègues de travail. Nous ne savons évidemment pas si c'est à l'usine qu'il a contracté cette maladie. Mais ce dont nous sommes certains, c'est que les mesures prises par la direction étaient complètement insuffisantes dès le début de la pandémie en France. » C'est par ce communiqué du syndicat CGT de Renault Cléon que la NVO a été informée du drame qui s'est déroulé ce weekend.

 

Témoignage de Pascal Le Manach, délégué syndical CGT de Renault Cléon (recueilli au téléphone).

De l'incrédulité au drame

Pascal Le Manach, délégué syndical CGT de Renault Cléon est en colère contre la direction du site qui a tardé à prendre les mesures nécessaires avant la mise à l'arrêt du site. Il reconnaît cependant qu'avant les premières annonces de fermeture des écoles, on ne mesurait pas le degré de dangerosité de la maladie : « Les salariés continuaient à se dire bonjour, presque comme d'habitude. La CGT demandait des précautions, du gel hydroalcoolique, des essuie-mains individuels plutôt que des torchons sur enrouleurs. La direction ne répondait pas au problème, et disait seulement de surtout prendre le temps de bien se laver les mains. Mais c'était de la communication, car sur les chaînes, les salariés ne peuvent se laver les mains que pendant les pauses. »

La CGT demande l'arrêt de l'usine

Une fois les annonces prises concernant la fermeture des bars et restaurants, l'ambiance a changé avec les salariés devant garder les enfants qui sont restés chez eux dès le lundi 16 mars 2020. « À ce moment, nous avons sorti un tract appelant à la fermeture de l'usine », rapporte le délégué CGT. À 13 h 30, des travailleurs ont cessé le travail à la logistique. « Ça a bloqué les chaînes, mais la hiérarchie voulait que le travail reprenne. Finalement, à 15 heures, il y a eu l'annonce de Renault central de fermer l'usine le soir à 21 h 30 ».

Condoléances et colère

L'annonce du décès tombe le 20 mars 2020. Cette fois, c'est le choc. C'est un collègue qui est touché et c'est vraiment la prise de conscience que c'est une maladie qui tue. « La CGT a rédigé un communiqué qui a été mis sur le compte Facebook du syndicat. Ça a été beaucoup lu et la majorité des commentaires, ce sont des condoléances à la famille, mais aussi de la colère par rapport au fait que Renault n'a pas pris les précautions nécessaires. Nous avons quand même travaillé des jours et des jours sans un minimum de précautions. » 

Peur rétrospective

Le salarié affecté à la maintenance est tombé malade entre le 12 et 13 mars 2020. Immédiatement, il est confiné chez lui et hospitalisé. Cependant, seuls ses proches et les salariés travaillant dans sa proximité immédiate ont été confinés. « Mais évidemment, il allait à la cantine et croisait pas mal de monde… » s'inquiète Pascal.

Et pendant ce temps là d'autres usines restent en activité

Après Michelin et PSA, Renault est le troisième grand groupe du secteur automobile à avoir annoncé la mise à l'arrêt de ses usines le 16 mars 2020 au soir. Cependant, certains sites non directement liés à la production comme celui Renault Lardy (250 salariés essentiellement des prestataires et intérimaires), qui réalisent des études moteur, restent en activité. Un choix que la CGT considère comme particulièrement irresponsable.

Bien évidemment, Renault est loin d'être la seule industrie à continuer à mettre certains de ses salariés en danger et c'est un peu partout le bras de fer pour imposer les arrêts de production, notamment chez les sous-traitants et les PME.

La FTM-CGT appelle à amplifier la pression pour imposer partout les droits de retraits ou exercer le droit de grève. Elle signale que d'ores et déjà la mobilisation a permis de le gagner dans de nombreuses entreprises. Pour la CGT toutes les usines non vitales doivent être mises à l'arrêt.

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