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AGRICULTURE

Une commission d’enquête sénatoriale pour évaluer l’exposition de la population française au cadmium

2 avril 2026 | Mise à jour le 2 avril 2026
Par et | Photo(s) : Thomas Louapre / Divergence
Une commission d’enquête sénatoriale pour évaluer l’exposition de la population française au cadmium

Vendanges sur des vignes cultivées en agriculture biologique pour produire des vins naturels.

Les sénateurs socialistes ont demandé ce jeudi 2 avril au président du Sénat, Gérard Larcher, le lancement d'une commission d'enquête afin d'évaluer l’imprégnation du cadmium dans les sols agricoles et ses impacts sur la santé.

Il aura fallu un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) pour que le problème de la pollution au cadmium fasse la une des journaux. Le 25 mars 2026, l'agence gouvernementale confirme une surexposition de la population française par l'alimentation à ce métal, classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Les résultats confirment qu'une part significative de la population dépasse les valeurs sanitaires de référence, ce qui fait dire à Géraldine Carne, coordinatrice de l'expertise à l'Anses, que « si les niveaux d'expositions actuels se maintiennent et qu'aucune action n'est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population ».

Alors que l'alimentation est de loin la source majeure d'exposition, représentant jusqu'à 98 % de l'imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse, les aliments les plus contributeurs sont aussi les plus fréquemment consommés. Céréales du petit-déjeuner, pains, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, riz et blé ainsi que les pommes de terre et certains légumes seraient particulièrement contaminés par ce métal lourd, qui s'accumule dans le corps. En effet, le cadmium est présent dans les fertilisants phosphatés, absorbé par la terre puis capté par les plantes, avant de finir dans nos assiettes.

Ne pas mettre toutes les formes d'agricultures dans le même panier

Des révélations, partiellement remises en question par la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) qui dénonce « une comparaison factuellement erronée mettant bio et conventionnel sur un pied d'égalité » et réclame « un correctif » à l'Anses. Plusieurs études, ont, par le passé, démontré que, sans en être exempte, l'agriculture biologique reste moins exposée que l'agriculture conventionnelle.

Ce sont ces « divergences d’interprétation », notamment, qui conduisent les socialistes à demander le lancement d’une commission d’enquête parlementaire, une mission aux pouvoirs d’investigation et d’auditions élargis.

Pour autant, la mise en place de la commission n'est pas garantie, car elle devra d’abord prendre la forme d’une proposition de résolution, être inscrite à l’ordre du jour, puis être adoptée par le Sénat, avant de voir le jour.