« IL N’Y A QUE CEUX QUI NE LUTTENT PAS QUI SONT SÛRS DE PERDRE »
Heureux d’être présent « pour fêter la fin de ce long affrontement », Philippe Martinez a tenu à dénoncer le « le poids de plus en plus important du secteur privé dans la santé et le désengagement de l’État ». S’adressant aux grévistes, il a salué cette combativité qui a permis de faire « plier le monde de la finance » : « Votre dignité n’a pas de prix, ce succès vous appartient, il n’y a que ceux qui ne luttent pas qui sont sûrs de perdre. Votre lutte, votre solidarité, votre résistance est un symbole pour le monde du travail, vous avez dit halte à la longue dérive du système de santé, vous avez affronté le Medef et les actionnaires simplement pour avoir les moyens de faire votre travail correctement. Une belle leçon de dignité ! »Chronologie d’une bataille 2012 : rachat par le groupe Vedici de la clinique du Pont de Chaume. Le début de la fin au niveau climat social. 2012-2015 : en trois ans, l’établissement privé subit trois restructurations : suppression de postes, durcissement des conditions de travail, bas salaires… Été 2015 : tentative de négociation. La direction propose une augmentation ridicule des salaires : 9 euros pour des salariés payés au SMIC. 22 octobre 2015 : début de la grève suivi par 183 salariés sur 500 soit pratiquement 80 % du personnel soignant. Automne 2015 : barrages filtrants des salariés à l’entrée de la clinique, occupation du hall de la clinique. Début décembre : quelque 150 manifestants occupent le hall de l’Agence régionale de santé (ARS) de Toulouse, avant d’être reçus par une délégation de la directrice générale. Le 5 décembre : la direction (après avoir fait des assignations en justice, refuser de rencontrer le médiateur nommé par le préfet, refuser de négocier) diffuse une note de service avec un document intitulé « Protocole fin de conflit », en expliquant mettre en place de façon unilatérale dès le 1er janvier ce que les salariés grévistes et « les élus de la liste CGT » avaient rejeté comme avancées de la part de la direction. Le 5 décembre : devant cette mauvaise foi et cette opposition de principe, quatre salariés entament une grève de la faim dans le hall d’accueil de la clinique. Le 11 décembre : un protocole de fin de conflit est signé entre les grévistes et la direction