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Il faut donner de la souplesse aux Français ”

Jean-Paul Delevoye - Haut commissaire à la réforme des retraites
23 octobre 2018 | Mise à jour le 23 octobre 2018
Par | Rédacteur en chef adjoint
L'âge de départ en retraite restera fixé à 62 ans « mais il faut donner de la souplesse aux Français », a déclaré le Haut commissaire à la réforme des retraites, dans un entretien au Figaro vendredi 19 octobre. Jean-Paul Delevoye y assure que « la promesse du président durant la campagne est que l'âge de départ à la retraite reste fixé à 62 ans ».

C'est donc en nous vendant de la « souplesse » que le gouvernement entend faire renoncer les Français au droit à la retraite à 62 ans à taux plein. Car, comme l'a confirmé la ministre des Solidarités et de la Santé le surlendemain dimanche 21 octobre lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, l'âge légal de départ à la retraite resterait à 62 ans, mais la question du taux plein serait renvoyée à la négociation avec les syndicats et le patronat, avec l'objectif « d'arriver à un consensus ».

On sentait bien depuis plusieurs mois que l'exécutif avait dans l'idée de jouer à nouveau sur le paramètre de l'âge de départ et qu'il n'allait pas se contenter de créer un régime unique par points. Emmanuel Macron veut dénaturer et vider de son contenu la norme sociale que constitue l'âge de la retraite à taux plein. Il veut instituer un âge en deçà duquel on ne pourra pas partir (62 ans) et un âge (63 ans) au-delà duquel on ne sera pas puni par une décote appliquée sur la pension.

La nouveauté, si tant est que cela en soit une, c'est la méthode annoncée par Agnès Buzyn pour y parvenir. En refilant la patate chaude de l'âge de la retraite à une négociation entre syndicats et patronat, une nouvelle fois, le gouvernement fixe le cap et le cadre. Il appartient aux corps intermédiaires de s'y conformer. Il laisse aussi toute latitude au Medef de faire le forcing pour créer un « âge pivot ». L'organisation patronale veut inciter les Français à travailler plus longtemps et plaide par conséquent pour instaurer cette mesure, sur le modèle des retraites complémentaires des salariés du privé : à partir de 2019, ceux qui partiront avant 63 ans subiront une décote temporaire sur leurs pensions.