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On n'a pas compris que c'est le modèle dominant, le libéralisme, qui est la cause (du dérèglement climatique). Est-ce qu'on le remet en cause ? ”

Nicolas Hulot - ex-ministre de la Transition écologique et solidaire
28 août 2018 | Mise à jour le 4 septembre 2018
Par | Rédacteur
Nicolas Hulot a démissionné. L'écolo alibi du gouvernement Philippe, autrefois dragué par Sarkozy, ayant refusé les avances de Hollande, avait finalement penché pour ce gouvernement auto-proclamé ni droite ni gauche en 2017.

La question de sa démission s'était (lui était) posée presque tous les mois à chaque annonce gouvernementale démontrant l'inanité des promesses de campagne et des postures de Macron de promouvoir l'environnement avec ses slogans creux « Make our planet great again ». Glyphosate, suppression des aides au maintien de l'agriculture bio, nucléaire, chasse… Autant de sujets présentés à chaque fois pour l'ancien présentateur TV/vendeur de gels douche comme des lignes rouges, des couleuvres avalées.

Donc démission ce matin, par surprise apparemment, du seul ministre d'État avec Gérard Collomb, parce qu'il se sent seul. Et même s'il ne fait aucun reproche à Emmanuel Macron ou Édouard Philippe pour lesquels il a « une profonde admiration », il dresse une longue litanie de ce qu'il reproche à la façon de gouverner avec le court-termisme, une attaque sur le lobbying permanent (à une réunion sur la chasse) : « j'ai découvert la présence d'un lobbyiste qui n'était pas invité à cette réunion et c'est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. »

Et surtout, il fait, tardivement, la constatation que c'est tout le système qui pose problème et que rien n'est fait pour le changer ou tenter de le modifier, même à la marge : « Oui, je le redis ici : j'ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Et ce n'est pas, croyez-moi, pour atténuer l'effet de la décision ce matin. Mais, sur les sujets que je porte, on n'a pas la même grille de lecture. On n'a pas compris que c'est le modèle dominant qui est la cause. Est-ce qu'on le remet en cause ? »

Une démission qui intervient 14 mois après son entrée en fonction au sein d'un gouvernement qui aura démontré, dans tous les domaines possibles, que sa seule ligne restait celle du libéralisme économique le plus efficace pour les plus privilégiés avec sa violence de classe, et ses positions de droite la plus dure sur tout un tas de sujets (les migrants, l’état d'urgence dans le droit commun, l’affaire Benalla)

Le verbatim de l'entretien de Nicolas Hulot dans le 7/9 de France Inter ce matin.

L'intégralité de l'entretien de ce matin dans le 7/9 de France Inter.