Ziegler France et Alinea en liquidation : 2700 emplois supprimés en un jour, un mardi noir pour les salariés français

La liquidation judiciaire de la filiale en France de la société de transports belge Ziegler laisse sur le bas côté quelque 1500 emplois.
La journée du mardi 31 mars a été particulièrement douloureuse pour les travailleurs français, emportant avec elle 2700 emplois. Dans le secteur du transport et de la logistique, le tribunal de commerce de Lille Métropole a ordonné la liquidation de Ziegler France et d'une de ses filiales, sans poursuite d'activité. Environ 1500 salariés sont concernés par cette fermeture. À l'annonce de la décision, la colère des employés s'est fait entendre, certains criant « sales voleurs » et « assassins » dans la salle d'audience. David Clairet, délégué syndical central CGT de Ziegler France a déclaré : « Si la situation avait été prise à bras le corps bien avant, il aurait pu y avoir un plan social avec peut-être un peu de casse, mais moindre que celle qu’on va subir à l’heure actuelle ».
Les représentants des salariés dénoncent surtout une mauvaise gestion et un manque d'anticipation. Pour leur avocat Jean-Louis Borie, « c'est un gâchis absolu », le conseil estimant que la situation aurait pu être traitée plus tôt. Les difficultés de Ziegler France sont en effet anciennes, le tribunal de commerce ayant retenu comme date de cessation de paiements le mois de septembre 2024.
L’entreprise, qui a son siège social à Roncq, près de Lille, n’a pourtant été placée en redressement judiciaire que début mars. Sans repreneur crédible dans les délais, la liquidation est devenu inévitable. « Ça veut dire que c’est fini et que les portes se ferment dès ce soir (…). On s’y attendait, mais on ne voulait pas forcément y croire » a déclaré Amandine Damay, une salariée de Satra, filiale de Ziegler France également placé en liquidation ce mardi 31 mars. L’incompréhension et la colère dominaient chez les salariés, qui dénoncent un gestion catastrophique de la liquidation. Deux autres filiales, qui emploient 110 salariés selon la CGT, se sont vu octroyer une poursuite de leur période d’observation jusqu’au 28 avril, pour examiner de potentielles offres de reprise.
La fin d’une histoire de 36 ans
Dans la même journée, le tribunal des activités économiques de Marseille a prononcé la liquidation judiciaire d'Alinea, enseigne française d'ameublement fondée il y a 36 ans. Cette décision entraîne le licenciement de près de 1200 salariés et la fermeture des 36 magasins de l'enseigne. L’offre portée par le groupe roumain SDC, qui s'engageait à préserver la moitié des salariés et 20 des 36 magasins avait d’ores et déjà été rejetée par la direction et les salariés de l’entreprise, dont le siège se trouve à Aubagne. Les 36 points de vente de l’enseigne en France ont baissé le rideau définitivement dimanche. Seuls sept franchisés sont autorisés à poursuivre leur activité sous une autre dénomination. Le tribunal avait placé Alinea en redressement judiciaire le 20 novembre alors que l’entreprise présentait, pour l’exercice 2024, 47 millions d’euros de pertes pour 162 millions d’euros de chiffre d'affaires.
En 2020, l’enseigne de meubles et décoration avait déjà subi un premier redressement judiciaire, en pleine pandémie de Covid-19, et avait été finalement reprise par ses propres actionnaires. La famille Mulliez, aussi propriétaires d'Auchan, Decathlon ou Leroy Merlin, y avait injecté 170 millions d’euros sans avoir pu redresser la situation. L'entreprise a également subi la concurrence de grandes enseignes et des plateformes à bas prix. Margaux Palvini, représentante FO, a conclu en rendant un hommage aux « salariés (qui) souhaitent tourner la page dignement, en mettant tout en oeuvre pour vendre les stocks ».