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mobilisation

2 mois de grève dans l'usine d'armement : chez Eurenco, les salariés font parler la poudre pour de meilleurs salaires

30 mars 2026 | Mise à jour le 30 mars 2026
Par | Photo(s) : Ludovic MARIN / POOL / AFP
2 mois de grève dans l'usine d'armement :  chez Eurenco, les salariés font parler la poudre pour de meilleurs salaires

Le site d'Eurenco à Bergerac, dans le Vaucluse.

Depuis le 20 janvier, des salariés de l’usine d’armement Eurenco se mettent en grève sur les sites de Sorgues, dans le Vaucluse, et Bergerac, en Dordogne, à l'appel de la CGT et de FO. En cause, une hausse de salaire insuffisante selon les salariés alors que l'entreprise enregistre des chiffres d'affaires records depuis le depuis le début de la guerre en Ukraine.

1,2 % d'augmentation pour tous les ouvriers. Voilà la proposition de la direction d'Eurenco, fin 2025, lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), à ses 1400 salariés environ. « Soit 25 euros bruts donc 18 euros net » déclare Jérémy Caillé, délégué syndical CGT du site de Sorgues, à ICI Vaucluse, « C’est l’équivalent d’un repas chez MacDo. » La CGT et FO, qui représentent les deux tiers des salariés, ont déclenché en réaction à cette proposition (que la CFDT a pour sa part signée), un mouvement de grèves ponctuelles hebdomadaires, qui a débuté le 20 janvier. Les grévistes revendiquent « des augmentations de salaires de 130 euros (brut, NDLR) pour l’ensemble des salariés, la prise en charge de la mutuelle par l'employeur et de la prévoyance à hauteur de 70% », et que « la prime d’ancienneté passe de 15 à 20% pour ceux qui travaillent depuis plus de 15 ans dans l’entreprise. Et (…) l'embauche des intérimaires. »

Le 19 mars, les représentants syndicaux et la direction se sont rencontrés. Cette dernière estime sa proposition « significativement supérieure à l'inflation, parmi les meilleurs niveaux de proposition NAO dans les entreprises industrielles en bonne santé et [visant] à préserver l'équilibre économique d'Eurenco France dans un contexte concurrentiel », dans un communiqué diffusé en interne, reproduit par Le Monde. Un vote doit toutefois avoir lieu sur de nouvelles propositions de la direction, début avril.

Un fleuron au vent en poupe

Ce mouvement revendicatif intervient alors que l'usine d'armement, dont le capital appartient entièrement à l'État, enregistre des succès records depuis le début de l'invasion russe à grande échelle en Ukraine, en 2022 : 335 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024, trois fois plus qu'en 2019. Cette année-là, une ligne de production de poudre est relancée après 17 ans d'inactivité. Le PDG Thierry Francou estime dans Le Figaro que la société pourrait atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires avant 2030, notamment avec l'ouverture prochaine d'une nouvelle ligne de fabrication de charges modulaires qui pourrait doubler la capacité de production. Les carnets de commandes sont pleins, alors que la plupart des pays membres de l'OTAN ont accepté d'augmenter leurs dépenses militaires sous la pression de Donald Trump. Eurenco vend ses composantes à la plupart des géants de l'industrie : Thalès en France, mais aussi CSG en République Tchèque ou encore BAE Systems au Royaume-Uni.

En 2015, alors que la société n'avait plus de commande et était en difficulté financière, les salariés ont accepté un accord qui réduisait différentes primes et avantages, pour environ « 350 euros bruts » de réduction selon Maxence Laurent, délégue syndical FO. Ils espèrent, maintenant que le vent a tourné, voir leurs efforts récompensés.