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FINANCIARISATION

Cap Gemini : les salariés s’invitent au banquet

12 mai 2017 | Mise à jour le 17 mai 2017
Par | Photo(s) : DR
Mercredi 10 mai. Cap Gemini, entendait fêter dignement la santé florissante de l'ex-petite start-up grenobloise. La CGT s'était invitée à la fête pour dénoncer la toute-puissance de la financiarisation de l'économie au détriment de l'emploi, des salaires et des investissements.

Cap Gemini, l'un des groupes leaders dans le domaine du conseil informatique, tenait son assemblée générale des actionnaires, le 10 mai 2017, au pavillon d'Armenonville, avenue de Longchamps à Paris et entendait fêter dignement la santé florissante de l'ex-petite start-up grenobloise (voir encadré).

Le même jour, au même endroit, des salariés du groupe et des syndicalistes CGT organisaient un rassemblement festif et revendicatif. Une façon de dénoncer la toute-puissance de la financiarisation de l'économie au détriment de l'emploi, des salaires et des investissements.

 

Pour Thierry Achaintre, secrétaire général du syndicat, il s'agissait de faire connaître le « deux poids, deux mesures » qui règne dans le groupe et qui, selon lui, risque de ne pas s'arranger avec les orientations économiques affichées du nouveau président.

« Le programme d'Emmanuel Macron est basé surune baisse de charges fiscales. Il la présente comme socialement juste et économiquement efficace et veut concilier les attentes des salariés, des dirigeants et des actionnaires », sauf que concrètement, pour Cap Gemini cela se traduit par des aides publiques distribués à un groupe qui fait plus d'un milliard de bénéfice par an (voir ci-dessous).

 

Les chiffres et les graphiques donnent la mesure de cette captation sauvage des richesses créées par le travail d'une part, mais aussi du détournement d'argent public.

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« Les efforts des salariés et les aides publiques, censés générer de la croissance et de l'emploi, servent en réalité à récompenser la finance et ses dirigeants. Grâce à Macron dont le PDG de Capgemini est un soutien officiel, la direction pourra demander encore plus des salariés », dénonce encore Thierry Achaintre.

Rappelons qu'en 2016 déjà, le PDG du groupe Paul Hermelin avait fait parler de lui. Peu après les polémiques sur les rémunérations exorbitantes du patron de Carlos Tavares et de Carlos Ghosn, respectivement patrons de PSA et de Renault, le PDG de Capgemini avait augmenté, en mai 2016, sa rémunération de 18 %… contre une hausse de seulement 1 % pour les salariés.

« La problématique, c'est qu'aujourd'hui la rétribution de tout ce contexte florissant va uniquement à l'actionnariat (…), notait à l'époque Thierry Achaintre. Pour comparer simplement, ça représente 100 000 euros par mois d'augmentation pour monsieur Hermelin et pour un salarié moyen, 22 euros bruts d'augmentation », avait calculé le syndicaliste.

Un an après, c'est toujours l'opposition capital/travail qui pèse sur les salariés du groupe de conseil informatique qui méritent mieux que les miettes du gâteau. 

De la start-up grenobloise à la société européenneCap Gemini devient Capgemini et passe d'un statut de société anonyme à celui de Société européenne. Ce nouveau statut « traduit la réalité du Groupe, résolument international avec une présence dans plus de 40 pays, et un fort ancrage européen », selon l'argumentaire de la direction du groupe. Pour le syndicaliste, une autre raison est envisageable : « La direction nous a confirmé qu'elle pourrait “à l'avenir envisager de déplacer le siège” actuellement parisien vers une place fiscalement plus avantageuse comme les Pays-Bas ». Avec plus de 190 000 collaborateurs, Capgemini – qui fête cette année ses 50 ans d'existence – est présent dans plus de 40 pays. Le groupe est l'un des leaders mondiaux du conseil, des services informatiques, de la transformation digitale des entreprises. Il a réalisé en 2016 un chiffre d'affaires de 12,5 milliards d'euros.