
Aux grands hommes...
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En septembre dernier, le collectif femmes-mixités a publié ce rapport : Rapport de situation comparée entre les femmes et les hommes de la CGT. Des données recueillies et analysées par Valérie Lamoot et Sarah Vally qui permettent de faire un point sur la parité à « la cegette ». Depuis 1999, celle-ci a été instaurée à la direction confédérale, poussant à une augmentation du nombre de femmes syndiquées. Alors, où en est-on ?
Le premier chiffre marquant est l'évolution du nombre de femmes au sein du total des syndiqués. En 2024, elles représentent 40,09 %, des militants CGT contre 37,2 % en 2015. De plus, elles constituent aujourd'hui presque la moitié des nouvelles adhésions. Une évolution notable, mais qui reste encore loin de la part des femmes dans le salariat (elles représentent 42 % des postes salariés du privé en équivalent temps plein et 50,3 % de l'ensemble des emplois salariés, selon l'INSEE).
Un fait marquant pour la CGT reste l'élection de Sophie Binet en 2023, première femme secrétaire générale du syndicat. Cette « première » pourrait encourager les organisations à promouvoir davantage de femmes aux premières responsabilités, selon le rapport. Elle est également l'une des 87 femmes (sur 317 intervenants, soit 27,45 %) à avoir pris la parole au Conseil confédéral national en 2024. L'évolution se constate aussi au sein de cette instance. En 1989, les femmes représentaient à peine 7,9 % des membres du CCN. En 2024, elles en constituent 31,9 %, dépassant pour la troisième année consécutive le seuil des 30 %. Un signal positif qui se retrouve également dans la formation syndicale, où la représentation des femmes est passée de 27,9 % en 2008 à 46,3 % en 2024.
Si la présence des femmes progresse, le déséquilibre n’a pas disparu. Selon les fédérations, des disparités persistent, souvent liées à la composition des secteurs professionnels, mais qui pourraient néanmoins évoluer. À la Fédération nationale des syndicats maritimes, le rapport relève par exemple une absence totale de femmes syndiquées alors qu'elles représentent 28,1 % des salariées du secteur. Le rapport souligne également un point négatif : le recul des femmes titulaires mandatées dans les instances interprofessionnelles. Leur part est passée de 42,2 % en 2021 à 38 % en 2024. Un recul qui montre que la présence féminine reste encore souvent cantonnée à des rôles de second plan. Un constat qui rejoint aussi le fait que plus on monte dans la hiérarchie de la CGT, moins les femmes sont présentes : alors qu'elles représentent 49,12 % des nouvelles adhésions, elles ne sont que 29,9 % à être secrétaires d'unions départementales.
En conclusion, si le rapport met en avant des évolutions positives, un travail reste à faire à la CGT pour tendre vers la parité promise en 1999. Le syndicat devrait également encourager le développement des comités femmes-mixités dans les fédérations générales et locales. On en recense 89 à la mi-2025, contre 46 en 2015. Car, comme le souligne le rapport : « L'égalité est un travail de longue haleine, qui nécessite d'adopter une culture de l'égalité. »