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FORMATION

La formation professionnelle prochaine victime de l’appétit libéral ?

20 novembre 2017 | Mise à jour le 22 novembre 2017
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La formation professionnelle prochaine victime de l’appétit libéral ?

Les volontés de changement de Macron sont insatiables. L'ogre libéral a annoncé le 15 novembre, de nouvelles pistes pour « réformer » la formation. En première ligne, le congé individuel de formation (CIF) qui pourrait disparaitre, et que la CGT entend bien défendre.

Face aux nouvelles annonces gouvernementales de modification de la formation professionnelle, la CGT réagit rapidement pour dénoncer les volontés de suppression de ce droit. Et le lancement d’une pétition en ligne permettra d'alerter sur les projets du gouvernement Philippe, tout en montrant l'utilité de l'outil actuel. Car ce sont près d'un million de salariés qui ont pu bénéficier de ce congé de formation depuis sa création. Un chiffre conséquent qui démontre la validité du dispositif.

Pour rappel, le CIF est un congé qui « permet au salarié de s'absenter de son poste afin de suivre une formation pour se qualifier, évoluer ou se reconvertir ». Sa durée maximale est d'une année de formation à temps plein ou de 1200 heures de formation à temps partiel. C'est là que le gouvernement entend taper. Avec son projet, le CIF serait en quelque sorte fusionné avec le compte personnel de formation (CPF) dont la durée n'est que de 150 heures maximum. Et le tout se ferait en dehors des heures de travail. Jean-Philippe Maréchal, conseiller confédéral sur l'activité formation initiale et continue, insiste sur le bonneteau utilisé par le gouvernement dans les annonces qui n’est rien d’autre qu'« un jeu de dupes sur la fusion, si on prend les moyens du CIF pour le CPF, le salarié y perd l’autonomie sur les formations longues. »

Pas d'études d'impact des multiples réformes.

La précédente réforme de la formation professionnelle date de 2015. Elle actait la suppression du droit individuel à la formation (DIF) et son remplacement par le compte formation professionnelle (CPF) suite à la signature de l'accord national interprofessionnel en 2013. Depuis, le CPF est intégré dans le compte personnel d'activité (CPA). Dans notre reportage de mars 2017, ce nouveau dispositif devait déjà être le nouvel outil universel de formation pour tous les travailleurs.

Le gouvernement ne parle que de mobilité et de changement, mais s'emploie à casser l'un des droits les plus essentiels pour permettre la progression des salariés ou leur reconversion. Présenté comme une amélioration d'un système qui était qualifié, dès la campagne présidentielle d'« inégalitaire, inefficace et complexe » et comme l'acte II du grand chantier de rénovation du modèle social,

La CGT avait déjà dénoncé, pour le CPA, qu'un « compte qui capitaliserait uniquement des droits, sans collecte ni moyens dédiés supplémentaires, serait alors un compte virtuel pour des droits virtuels. »

Renvoyer sur l'individu la responsabilité

La pétition lancée par la CGT doit permettre d'alerter sur ces risques posés aux droits à la formation. D'abord parce qu'il y a clairement une réduction des droits dans le nombre d'heures disponibles ou le financement de ces formations. Ensuite parce que ces nouvelles propositions s'inscrivent dans la droite ligne de politiques illustrées par l'ANI en 2013, sur le désengagement des entreprises.

En sortant les heures de formation d'heure de travail, le gouvernement complexifie le choix et la possibilité des formations. Et parce qu'il permettrait aussi à l'employeur d'avoir un droit de regard — et donc son mot à dire — sur une formation dès lors que celle-ci serait plus longue que 150 heures, même sur la teneur de ces formations. Alors que le CIF permettait de garder son salaire, de retrouver son poste après la formation et que l'initiative restait au salarié, le projet prétend revenir sur ces droits.

C'est une même logique qui préside aux réformes sur la formation, sur la sécurité sociale et le droit du travail. En prétendant responsabiliser, le gouvernement grignote par à-coups les fondements mêmes de la solidarité nationale et des outils construits pour permettre le financement solidaire de dispositifs utiles à tous les salariés.

La CGT défend toujours, elle, le principe d'une sécurité sociale professionnelle, dont le maitre mot resterait la solidarité afin de répondre aux besoins des personnes tout au long de leur vie.

Pour Jean-Philippe Maréchal, « Le CIF reste l'unique dispositif  qui permette une vraie formation sécurisée. Il faut interpeller les bénéficiaires du CIF à s’engager pour le défendre, ce sont les meilleurs témoins de son utilité. »

 

 

Les propositions de la CGT

Propositions sur l'emploi et la sécurité sociale professionnelle

La CGT exige une véritable sécurité sociale professionnelle !