
Un nouveau congé de naissance : avancée sociale ou trompe-l’œil ?
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Manifestation de soutien aux représentants syndicaux de l'hôpital Philippe Pinel en grève reçus à l'ARS. Amiens, le 25 septembre 2018
« On demande des moyens juste suffisants pour travailler, on ne demande pas quelque chose de mirobolant », a souligné à l'AFP par téléphone Chrystèle Leclercq, déléguée CGT de l’hôpital psychiatrique Pinel. Selon elle, la table ronde entre l'intersyndicale (CGT, FO, SUD) et l'ARS fin septembre « n'a rien donné ». Une nouvelle réunion de négociation avec la direction de l'hôpital est prévue vendredi 12 octobre. Le personnel mobilisé de l'établissement, qui emploie 940 personnes, demande notamment la création de 60 postes de soignants dans les services d'hospitalisation, la réouverture de deux unités de soins et l'effacement de la dette, qui s'élève à 12 millions d'euros.
Mais l'ARS reste sourde et explique que « ce sont les pratiques de l'hôpital Pinel qui sont à l'origine, pour l'essentiel, d'un sentiment de manque de moyens ». L'ARS évoque des hospitalisations plus longues et plus nombreuses qu'ailleurs. Selon l'agence, l'hôpital dispose d'« un soignant pour 11 patients adultes en hospitalisation complète, contre 18 patients en moyenne régionale ». Un point de vue comptable et technocratique loin du vécu et de la souffrance au travail du personnel, qui dénonce une dégradation des conditions de travail et de la qualité des soins. Comme le résume une infirmière, « gérer les situations conflictuelles lorsque l'on manque de personnel devient impossible. Conséquences : plus d'injections, plus de placement en chambre d'isolement, une prise en charge qui se déshumanise ».
Cette action du mercredi 10 octobre fait suite à une précédente tentative d'occupation des locaux de l'ARS d'Amiens. Les grévistes en avaient été délogés par la police alors qu'ils ne demandaient qu'à être reçus. Depuis, ils campent devant l'hôpital afin d'attirer l'attention et mener un combat plus visible. Le personnel de Pinel puise sa détermination, notamment, dans les victoires remportées par des grèves dures dans les hôpitaux psychiatriques du Havre et du Rouvray, près de Rouen, ainsi que dans le soutien de la population et des syndicats de l'interprofessionnel.

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