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HOMMAGE

Mikis Theodorákis, un hymne à la liberté

3 septembre 2021 | Mise à jour le 6 septembre 2021
Par | Photo(s) : Leemage / AFP
Mikis Theodorákis, un hymne à la liberté

Le grand compositeur grec Mikis Theodorákis s'est éteint le 2 septembre à l'âge de 96 ans, considéré comme un héros national au point que son pays a décrété trois jours de deuil. Une longue vie consacrée à la création et à la résistance contre le nazisme, le régime des colonels ou la doxa libérale.

« Un homme libre combat pour la liberté de son pays, pour sa patrie, (…) pour la liberté de composer et d'écrire parce qu'il n'existe pas un art pour l'esclave. L'art est seulement pour les hommes libres. » Il faut écouter les entretiens donnés par Mikis Theodoràkis en 2006 au micro de France Culture pour prendre la mesure de ses combats. À 17 ans, alors qu'il compose ses premières mélodies, il entre en résistance contre l'occupant nazi en rejoignant l'Organisation du Front national de Libération (Elas).

Après avoir été emprisonné et torturé, il suivra dans la clandestinité les cours au conservatoire d'Athènes en même temps qu'il lutte. Aux côtés du parti communiste grec, il se battra à la Libération durant la guerre civile qui fait rage entre 1945 et 1949 et sera de nouveau torturé. Déporté en 1948 sur l'île de Makronissos, il connaitra l'enfer et continuera à composer coûte que coûte. « La musique pour moi était quelque chose d'existentiel comme ma respiration », confiait-il. Il en ressortira à demi mort, victime de crises d'épilepsie dont il se débarrassera en créant ses premières grandes œuvres depuis une chambre parisienne à partir de 1954.

Compositeur et résistant

Alors que ses compositions deviennent mondialement reconnues – concertos, ballets, symphonies, musiques de film dont « Zorba le Grec » de Michael Cacoyannis –, il renouvelle la musique populaire grecque en composant des chansons sur des poésies notamment de Yánnis Rítsos. Son combat politique se poursuit. Après avoir fondé la Jeunesse démocratique Lambrakis, il est élu député en 1964 et entre de nouveau en résistance contre la dictature des colonels en 1967.

Une nouvelle fois emprisonné, déporté, il est condamné à l'exil et rejoint Paris trois ans plus tard pour revenir triomphalement en 1974 en Grèce.
Parce que l'artiste et le citoyen sont indissociables, Mikis Theodoràkis continuera à créer et à faire de la politique jusqu'au bout. En décembre 2010, à 85 ans, il fonde le mouvement des citoyens indépendants Spitha (« l'Étincelle ») contre les mesures d'austérité imposées par le FMI et l'Union européenne et lance un appel aux peuples où il conclut : « Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l'Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme ». À méditer.

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