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Grève

Pour de meilleurs salaires et conditions de travail, contre la concurrence : les cheminots en grève nationale ce 10 juin

9 juin 2026 | Mise à jour le 9 juin 2026
Par | Photo(s) : Bapoushoo
Pour de meilleurs salaires et conditions de travail, contre la concurrence : les cheminots en grève nationale ce 10 juin

SNCF Voyageurs anticipe une grève assez suivie ce mercredi, avec un TGV sur trois à l'arrêt et un Intercité sur deux. Ci-dessus, manifestation des cheminots à Paris, le 4 juin 2019.

Les syndicats de cheminots appellent à une grève nationale de vingt-quatre heures mercredi 10 juin, dans un contexte marqué par l'inflation, la filialisation de la SNCF et une hausse préoccupante des accidents du travail.

Les cheminotes et cheminots seront en grève pour vingt-quatre heures mercredi 10 juin, à l'appel d'une intersyndicale regroupant les quatre organisations représentatives : CGT Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail, CFDT Cheminots. Les syndicats demandent l'ouverture de négociations de branche pour la revalorisation des salaires et l’octroi de primes, pour faire face à l'inflation et au coût de la vie. Ils réclament également un moratoire sur l'arrivée de la concurrence sur le rail, poussée par Bruxelles et mise en place par le précédent PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou (aujourd'hui ministre du Travail), auquel a succédé l’ex-Premier ministre Jean Castex. « D’abord, nous demandons que les cheminots du groupe public unifié (GPU) et ceux qui sont affectés dans les filiales nouvellement créées aient les mêmes droits, a déclaré à l’AFP Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminots. Des négociations peuvent s’ouvrir dès aujourd’hui, la balle est dans le camp de la direction. » SNCF Voyageurs anticipe une grève assez suivie, avec un TGV sur trois à l’arrêt et un Intercité sur deux.

Accidentologie en hausse

La mobilisation dénoncera également les conditions de travail, alors que treize salariés se sont donné la mort depuis début 2026. « Nous ne souhaitons pas instrumentaliser ces drames, mais nous ne pouvons pas mettre de côté leurs liens avec le travail, quand bien même des collègues qui sont passés à l'acte étaient en arrêt », précise Thierry Nier dans l'Humanité. Pour les syndicats, la filialisation de la SNCF tend à dégrader l’organisation du travail, alors que les agents se retrouvent transférés dans différentes régions pour répondre à des appels d'offres, qui visent à réduire les coûts au maximum. « En 2025, l'accidentologie globale a augmenté de 15,9 %, passant de 5 877 accidents en 2024 à 6 811 », alerte Sud-Rail. En décembre, une analyse du Groupe 3E estimait que « loin d’être une chance, l’ouverture à la concurrence menace la pérennité du réseau ferroviaire français ».