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GRANDE DISTRIBUTION

La CGT fait retoquer un plan de licenciement prévu par Auchan

8 janvier 2026 | Mise à jour le 8 janvier 2026
Par | Photo(s) : Denis Charlet/AFP
La CGT fait retoquer un plan de licenciement prévu par Auchan

Des centaines de manifestants rassemblés en 2020 devant les grilles du siège d’Auchan, à Croix (Nord). La CGT appelait déjà à dénoncer les nombreux plans de licenciement au sein des différentes marques du groupe.

Le 7 janvier 2026, la cour administrative d'appel de Douai a annulé le plan de licenciement d'Auchan prévoyant 2389 suppressions de postes. Une victoire pour la CGT à l'origine de la procédure, qui pose un premier jalon juridique dans la reconnaissance de la galaxie Mulliez, propriétaire de l’enseigne.

« C'est une très belle victoire pour la CGT », se félicite Sophie Serra, déléguée syndicale centrale de l’Unité Economique et Sociale (UES)  Exploitation Auchan France. La cour administrative d'appel de Douai, dans un arrêt rendu le 7 janvier, a confirmé l'invalidation du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) d’Auchan prévoyant la suppression de 2389 postes et le licenciement de 2323 salariés. Si elle devient définitive, cette invalidation pourrait ouvrir aux salariés du géant de la distribution la voie à des indemnisations supplémentaires devant les Prud'hommes. La fédération CGT Commerces et Services a réclamé dans un communiqué publié le 7 janvier « la réintégration de plein droit de tous les salariés dont le contrat aurait déjà été rompu ».

Auchan saisit le Conseil d'Etat

Sur les 2.400 salariés concernés par le PSE, « 1.990 ont déjà trouvé une solution (reclassement interne, préretraite, emploi, création d’entreprise ou reconversion) », assure Auchan Retail. L’enseigne a annoncé vouloir saisir le Conseil d'Etat et précise que la décision du tribunal « n’annule ni les licenciements économiques prononcés, ni le principe même du PSE et la nouvelle organisation. » « Auchan ira jusqu'au bout pour faire valider son PSE. C'est l'éternel combat entre le pot de fer et le pot de terre », confie Saïd Faydi, délégué syndical central CGT logistique Auchan France. « Pour autant, cette décision constitue un premier jalon dans la reconnaissance de la galaxie Mulliez. » Cette dernière, qui possède d'autres enseignes comme Decathlon, Kiabi ou Leroy Merlin, ne constitue pas à proprement parler un groupe mais une myriade de sociétés détenues par la famille et des holdings gérant les enseignes. La reconnaissance d’un groupe en tant que tel, qui répond à une lutte syndicale de plusieurs années, impliquerait alors une solidarité entre les différentes filiales en cas de difficultés.

Le groupe Mulliez démasqué

En septembre 2025, la CGT avait obtenu gain de cause auprès du tribunal administratif de Lille, qui avait invalidé le PSE en première instance, jugeant la procédure irrégulière. La justice avait estimé que les informations transmises aux représentants du personnel dans le cadre du PSE auraient dû « inclure les données des trois sociétés qui exercent un contrôle conjoint sur la société Suraumarché », qui contient Auchan et fait elle-même partie d'Acanthe, Valorest et Cimofat, trois des principales sociétés de la galaxie Mulliez.

Une décision, de nouveau, confirmée dans l'arrêté du 7 janvier 2026 prononcé par la cour d’appel de Douai. Celle-ci exige désormais qu'en cas de PSE toutes les sociétés de la pyramide soient prises en compte. En clair, cette décision de justice permettrait, en cas de nouveau PSE, aux salariés d'être reclassés dans les autres enseignes de la galaxie Mulliez, ce qui n'a pas pu être proposé aux employés du PSE invalidé. « Cette décision est essentielle pour l'avenir des salariés d'autant plus avec l'alliance prochaine avec Intermarché », ajoute Sophie Serra. En novembre 2025, la branche distribution Auchan Retail a annoncé que 294 supermarchés seront intégrés sous bannière Intermarché et Netto en 2026. Un projet qui « n’entraînera pas de suppressions d'emplois », promet le directeur général d’Auchan Retail, Guillaume Darrasse.