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ETAT DES LIEUX

CSE plébiscité, inquiétudes : les chiffres du baromètre Syndex sur le dialogue social

23 janvier 2026 | Mise à jour le 23 janvier 2026
Par | Photo(s) : ALAIN JOCARD / AFP
CSE plébiscité, inquiétudes : les chiffres du baromètre Syndex sur le dialogue social

Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, et Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, reçue à Matignon le 24 septembre 2025.

Le 8ème baromètre sur l'état des relations sociales dans les entreprises françaises présenté par le cabinet Syndex révèle un climat social dégradé, notamment du fait d'un contexte économique peu propice. Malgré tout, les salariés continuent de témoigner de leur confiance à l'égard de leur Comité Social et Economique et les élus restent motivés à faire valoir les droits des travailleurs.  

« L'époque n'est pas propice au dialogue social », déplore Louise Trussell, élue CSE au British Council Paris – un institut visant à promouvoir l’apprentissage de l’anglais et les échanges avec le Royaume-Uni -, lors de la présentation jeudi 22 janvier 2026 du 8e baromètre sur l'état des relations sociales en entreprise. L’étude a été menée par l'Ifop pour le compte du cabinet d'expertise Syndex.

Elle rappelle bien sûr que la dynamique économique et politique actuelle pèse sur les relations sociales. Les inégalités de salaires, la multiplication des PSE entre autres participent de cette dégradation, d'autant plus que « la présence syndicale s'étiole sur les lieux de travail », d'après Jérôme Fourquet, directeur de l'Ifop. 

En surface, on pourrait croire pourtant que le moral est au beau fixe. En effet, 65% des élus au Comité social et Economique (CSE) estiment que la situation économique de leur entreprise est bonne. Sauf qu’il s’agit là du« plus faible score enregistré depuis 2018 , [lorsqu'il atteignait 74%, ndlr]», selon le document. Sans grande surprise, les représentants du personnel regrettent de ne pas être suffisamment entendus de leurs dirigeants. 46% pointent encore un affaiblissement de leur poids face à celui de la direction, un chiffre en hausse par rapport à 2024. 49% jugent très mauvaise la qualité de l'information ; 85% souhaitent que leur avis soit mieux pris en compte.  

L'environnement à la trappe et l'IA au galop  

Quant aux sujets de préoccupation, légitimes au regard des prérogatives des CSE, la santé et les risques psychosociaux arrivent en tête. 94% des représentants du personnel jugent ainsi ces thèmes comme prioritaires. Viennent ensuite les conditions et la charge de travail, puis la sécurité. Malgré des différences entre les secteurs, 44% des représentants s'accordent à dire que leurs collègues sont exposés à des risques. Le pouvoir d'achat, les rémunérations et le partage de la valeur se classent en quatrième position. « Des attentes, mais plus modestes après des années de forte inflation », selon le baromètre.

Reste à s'emparer des questions d'environnement, qui font partie des prérogatives du CSE depuis août 2021. Seuls trois représentants sur dix déclarent s'en préoccuper, faute de temps et d'informations suffisantes. Le thème de l'Intelligence artificielle, lui, s'impose peu à peu. Trois quarts des représentants du personnel déclarent la mise en place d'outils IA, sans que pour autant, l'instance ait été systématiquement informée et consultée. 6% des dirigeants qui utilisent déjà l'IA évoquent des PSE liés à celle-ci.  

Malgré tout, les CSE résistent  

Au rayon des bonnes nouvelles, deux tiers des salariés ont une bonne image de leur CSE et 77% s'estiment bien représentés. L'utilité de l'instance de représentation est reconnue par les salariés, comme par les directions. En dépit de l'érosion du dialogue social, du poids de leur mandat, les représentants du personnel restent déterminés à défendre les droits des salariés et à agir pour plus d'équité et de justice sociale. Ils apparaissent néanmoins inquiets (61%) vis-à-vis du CSE et en parallèle, le sentiment de colère est grandissant (28%).

Ce qui peut notamment s'expliquer par « une différence de point de vue très marquée » sur la qualité du dialogue, selon Jérôme Fourquet. Tandis que les dirigeants sont satisfaits, les salariés et les représentants du personnel penchent de l'autre côté de la balance. Plus de la moitié des représentants perçoit l'état d'esprit des directions comme tendu et fermé. 92% des élus estiment que leur rôle leur a permis de développer des compétences. De quoi susciter des vocations lors des prochaines élections professionnelles ?  

 Justine Verger