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JUSTICE

"Il y a des forces hostiles à l'école publique" : au tribunal, Pierre Chapa fait face à SOS Éducation

23 janvier 2026 | Mise à jour le 23 janvier 2026
Par | Photo(s) : Lucie Inland

Pierre Chapa et Sophie Ollivier à la Cité judiciaire de Rennes.

Retour au tribunal pour Pierre Chapa. Après un report d’audience le 11 décembre 2025, le directeur d’école et militant CGT Éduc’Action était à la barre du tribunal correctionnel de Rennes le 22 janvier 2026 pour diffamation envers Sophie Audugé, porte-parole de l’association SOS Éducation. La décision du tribunal a été mise en délibéré et sera communiquée le jeudi 29 janvier à 14h. 

« Demain à 8h20 j’ouvrirai l’école Lucie Aubrac », raconte Pierre Chapa, directeur et professeur de cette école primaire de Saint-Domineuc, petite commune située entre Rennes et Saint-Malo. Ce jeudi 22 janvier, il n’est pas face à ses élèves mais au tribunal correctionnel de Rennes, assisté de son avocat Thierry Fillion. Il doit s’expliquer sur des propos diffamants « portant atteinte à l’honneur de l’association SOS Éducation », rappelle la présidente du tribunal Héloïse Douguet. Les mots mis en cause ont été prononcés le 1er février 2024 lors d’une action intersyndicale à Pacé, en Ille-et-Vilaine contestant la réunion publique de Sophie Audugé au sujet de l’EVARS (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle). « SOS Éducation dénonce des profs dans le nord nominativement, quinze jours avant l’assassinat de notre collège Dominique Bernard, ils distribuent des tracts », un rassemblement à l’époque couvert en vidéo par Ouest France.

« Je reconnais une erreur factuelle » admet Pierre Chapa. Si Sophie Djigo, professeure de philosophie au lycée Watteau à Valenciennes, avait bien été harcelée pour avoir prévu une sortie pédagogique à Calais sur le thème « Exil et frontières » fin novembre 2022, ce sont des membres du collectif « Parents vigilants », proche de Reconquête, qui en étaient à l’origine. Dans ce dossier, six personnes ont comparu le 20 janvier 2026 à Paris, rapporte Mediapart. Mais c’est SOS Éducation qui a distribué à la fin du mois d’octobre 2023 des tracts intitulés « Non à l’idéologie transgenre à l’école », détaille 20 Minutes. Le professeur de lettres Dominique Bernard, a été assassiné à Arras le 13 octobre 2023 par le terroriste Mohammed Mogouchkov, au nom de Daech.

La décision attendue au 29 janvier

« Je regrette d’avoir confondu les deux histoires » poursuit Pierre Chapa. « En France il y a des forces hostiles qui remettent en cause l’école publique : les intégristes, mais aussi les réactionnaires comme SOS Éducation », qui « font partie de la même galaxie » que « Parents vigilants ». Son avocat souligne qu’il « parle des dangers visant les professeurs en général. Maintenant, il s’est trompé. »

Sophie Audugé, assistée de Henri de Beauregard, assure de l’aspect « apolitique » de son intervention de 2024 à Pacé. « Certains personnes ont eu peur » face à l’action de l’intersyndicale. Elle réfute tout lien avec « Parents vigilants », même si elle a participé au même colloque au Sénat sur « la transidentité des mineurs ». « SOS Éducation conçoit la politique avec un grand P », défend son avocat, pour qui « le seul intérêt c’est le droit », surtout quand l’enjeu est « politique ». « Le reste c’est de l’écran de fumée, c’est de la littérature », balaie-t-il. Il ne croit d’ailleurs pas en la presse, surtout « la militante », pour contribuer au débat démocratique. « Défendre la liberté d’expression, ça devrait aussi condamner dans ce cas », demande-t-il pour sa cliente. La décision du tribunal est mise en délibéré et sera communiquée le jeudi 29 janvier à 14h.