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EMPLOI

Assurance chômage : pourquoi la CGT rejette l'accord

26 février 2026 | Mise à jour le 26 février 2026
Par | Photo(s) : Denis Gravouil / AFP
Assurance chômage : pourquoi la CGT rejette l'accord

Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT

Un accord a été trouvé entre les organisations patronales et quelques syndicats – CFDT et CFTC – mercredi 25 février au terme des négociations sur l’Assurance chômage. La CGT a, elle, refusé de le signer. Le syndicat dénonce une réforme construite principalement sur des baisses de droits, qui fragiliserait davantage les demandeurs d'emploi, notamment les plus de 55 ans.

Mercredi 25 février avait lieu la dernière réunion de négociations entre les syndicats et les représentants patronaux sur l’Assurance chômage. L’exécutif demandait aux partenaires sociaux de trouver une feuille de route commune, à même de dégager 400 millions d’euros d’économies. Si un accord a finalement été trouvé – que le gouvernement s’est empressé de saluer – il n’est soutenu que par, côté patrons, le Medef, la CPME et l'Union des entreprises de proximité (U2P), et côté salariés, par la CFDT et la CFTC. Si le doute persiste encore chez FO, la CGT et la CFE-CGC, elles, ont d’ores et déjà clairement indiqué qu’elles y étaient opposées. Pour la Confédération, l’équation est simple : le compte n’y est pas en ce qu’il pèse durement sur les indemnisés, sans mettre le patronat à contribution.

Ainsi, pour Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT, cet accord « c'est une baisse de droits. « Et le patronat n'a rien mis », ajoute-il. En effet, l'accord prévoit une réduction de la durée d'indemnisation, un maintien du différé d'indemnisation au début et une baisse supplémentaire en fin de droits.

Coup de rabot

Pour les demandeurs d'emploi bénéficiaires de l'assurance chômage, de moins de 55 ans, cet accord prévoit une baisse de la durée maximale de leur indemnisation de 18 à 15 mois. Pour ceux de plus de 55 ans, on devrait s'aligner autour de 20,5 mois (contre 22,5 mois aujourd’hui pour les 55-56 ans, et 27 mois pour les 57 et plus), avec un maintien conditionné à l'évaluation par un conseiller de France Travail. C’est-à-dire ? « Si votre conseiller estime que vous n'avez pas assez recherché, on vous coupe les droits », explique Denis Gravouil, qui craint un système d’autant plus arbitraire que les recherches d'emploi restent toujours difficiles à prouver et quantifier.

À peine remarque-ton un point positif à l’accord, avec le recul sur la volonté du patronat d'augmenter les heures minimum nécessaires aux intermittents du spectacle pour ouvrir leurs droits au chômage, de 507 à 557 heures. Un rétropédalage patronal d’ailleurs obtenu notamment grâce à une « mobilisation exemplaire », a noté la CGT dans un communiqué. On aurait toutefois tort de se sentir tiré d’affaire sur ce point selon Denis Gravouil qui avertit : « Le patronat juge leur régime comme non équitable, c'est leur obsession, ils vont revenir à la charge lors des prochaines négociations. » Le secrétaire confédéral de la CGT dénonce une discussion n’allant que dans un sens, celui du patronat : « La réduction de l'indemnisation chômage, c'était leur volonté, c'était donc à eux de payer. »

Une discussion à sens unique

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, se dit ravi de ces avancées, qui remplissent parfaitement les volontés du gouvernement. « On est au-delà de ce que demandait le gouvernement. Le gouvernement demandait 400 millions d'économies, on aura 500 millions et même 1 milliard à vitesse de croisière » a-t-il triomphé au micro de France Info ce matin. « Le dialogue paye », a-t-il ajouté. Denis Gravouil rétorque que si le gouvernement est satisfait, c'est que le plan conclu s’inscrit dans la continuité de la politique du président Emmanuel Macron.

Au terme de ces négociations, cet accord vient donc renforcer une précarité déjà accentuée par des politiques d'économies budgétaires. La CGT annonce continuer le combat. Comment ? En se tournant désormais les parlementaires et espérant les mobiliser pour qu'ils déposent des amendements afin d'éviter cette baisse massive des droits des demandeurs d'emploi.

Emil Dromery