Salaires non versés, exploitation : à Paris, ces coiffeuses en grève pour leurs droits

Le salon de coiffure investi par les manifestantes.
Tout s'est déroulé comme prévu. Ce mardi 3 mars au matin, les salariées du salon de coiffure sont entrées dans l’enseigne qui les emploie Boulevard de Strasbourg à Paris, accompagnées de militants de la CGT – ainsi que d’élus communistes dont Élie Jousselin, adjoint à la maire du Xe arrondissement – afin de marquer l'arrêt de leur travail et le début d'une grève à durée indéterminée. Les chants « patron voleur, payez les salaires » ont été scandés et repris par l'ensemble des personnes présentes dans la boutique. Les coiffeuses demandent le paiement intégral de tous les salaires non versés, le remboursement des sommes demandées par l'employeur, ainsi que le droit à des horaires de travail convenables et à des congés annuels.
Les employées constatent des défauts, voire des absences complètes de paiement depuis maintenant quatre mois, comme nous le raconte Bintou, employée depuis maintenant plus de quatre ans dans le magasin. « Il n’y a pas de congés, il n’y a rien. On vient de 10h à 20h tous les jours, sauf le dimanche », ajoute Cissé, elle aussi coiffeuse sur place.
De plus, les manifestantes expliquent que l'employeur, exploitant leur vulnérabilité, profite d’une autre manière encore de la précarité de certaines travailleuses, notamment de celles ne disposant pas de papiers, en exigeant d'elles un versement mensuel de 250 euros tant qu'elles n'ont pas obtenu de titre de séjour… pour pouvoir recevoir les fiches de paie nécessaires à la justification de leur activité. Une situation intolérable qui a poussé l'ensemble des salariées à se mobiliser. Soutenues rapidement par la CGT, qui les a épaulées durant la totalité de l'organisation de la grève, les coiffeuses sont déterminées à ne pas reculer devant les pressions de leur patron. Elles le promettent : elles n'arrêteront la grève que lorsqu'elles recevront leur dû.