À venir
Votre identifiant correspond à l'email que vous avez renseigné lors de l'abonnement. Vous avez besoin d'aide ? Contactez-nous au 01.49.88.68.50 ou par email en cliquant ici.
HAUT
HISTOIRE

Limoges, Toulouse, Vitry-sur-Seine... La CGT en cinq congrès

1 juin 2026 | Mise à jour le 1 juin 2026
Par | Photo(s) : TIPHAINE LANVIN
Limoges, Toulouse, Vitry-sur-Seine... La CGT en cinq congrès

Le 52e congrès de la CGT, à Dijon, du 13 au 17 mai 2019.

Le 54e congrès de la CGT s'ouvre officiellement ce lundi 1er juin. La vie du syndicat est rythmée, depuis sa création en 1895, par ces moments de démocratie interne qui impulsent les grandes orientations de l'organisation. Retour sur cinq d'entre eux, qui ont contribué à faire de l'organisation ce qu'elle est aujourd'hui. Un article à retrouver dans le numéro du mois de mai de notre mensuel Ensemble.

Lieux de débats, d'expression et de décision des grandes orientations, les congrès sont aussi l'occasion de réaffirmer les valeurs de la CGT : la lutte pour l'émancipation des travailleurs et contre l'exploitation capitaliste ; la recherche d'unité ; le combat contre le racisme, le sexisme, l'extrême droite…Celui de 1895, le premier, est bien sûr le plus emblématique, mais d'autres se sont révélés tout aussi importants. Le congrès de 1902, à Montpellier, apparaît comme « la seconde naissance » de la CGT. C'est en effet lors de cette édition que le syndicat se structure sous la forme qu'on lui connaît aujourd'hui, articulé entre fédérations professionnelles et unions territoriales. Les représentants des deux structures forment le comité confédéral national.

Des divisions… avant la réunification

Trente-quatre ans plus tard, en 1936, c'est le congrès de Toulouse qui est à marquer d'une pierre blanche. Après la Première Guerre mondiale, la confédération s'est divisée autour de la stratégie à adopter et sur l'adhésion au projet révolutionnaire, inspiré par la prise de pouvoir des bolcheviks en Russie, en 1917. Une minorité, proche des communistes, a fondé la CGTU (pour unitaire), tandis que la CGT « réformiste » est restée majoritaire. Mais en 1934, la menace fasciste les pousse à s'entendre : la CGT, la CGTU et la SFIO (l'ancêtre du Parti socialiste) se regroupent et appellent à des manifestations et à la grève générale. Le congrès de 1936 dans la Ville rose sera celui de la réunification, préfigurant le rassemblement, puis la victoire du Front populaire aux élections législatives.À Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), en 1969, Georges Séguy, qui a succédé à Benoît Frachon à la tête du secrétariat général, dénonce le plan de redressement du gouvernement, et souligne l'importance d'un « syndicalisme démocratique de classe et de masse ». Sur le plan statutaire, d'importantes modifications sont engagées. L'objectif, inscrit dans l'article 1, d'une disparition du salariat et du patronat est remplacé par la nécessité de « combat[tre] l'exploitation capitaliste et toutes les formes d'exploitation du salariat ». Le syndicat entreprend aussi de renforcer son activité en direction des femmes, des jeunes et des immigrés. Il intègre l'Ugict – qui réunit les cadres, ingénieurs et techniciens – et l'UCR (les retraités), avant de mettre en place la commission exécutive confédérale.

La crainte de la voie réformiste

Neuf ans plus tard, direction Grenoble pour le 40e congrès. Ce dernier s'inscrit dans un contexte de redéfinition de la stratégie des luttes et de l'unité d'action. « Pour la CGT, qui a œuvré en faveur du programme commun, la rupture de l'union de la gauche [constituée du PS, du PCF et du MRG, NDLR], en 1977, est un signal d'autant plus déplorable que le cycle d'unité d'action ouvert avec la CFDT, en 1966, touche à sa fin », précise Jérôme Beauvisage, membre de l'Institut CGT d'histoire sociale. Le rapport Moreau, présenté au sein de la CFDT, acte en effet la fin de l'unité d'action avec la CGT. Grenoble est aussi l'occasion d'échanges sur le fonctionnement de l'organisation, la culture, la démocratie syndicale… La teneur des débats marquera toute une génération de militants.C'est sur fond de crise économique et sociale – en raison du plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale, contre lequel le plus important mouvement de contestation s'est fait jour depuis 1968 –, que la CGT ouvre le congrès de Montreuil. Les débats autour de la réforme des statuts se révèlent acharnés. La disparition, dans l'article premier, de la référence à « la suppression de l'exploitation capitaliste, notamment par la socialisation des moyens de production et d'échange », suscite l'inquiétude de nombreux congressistes, qui redoutent que la CGT s'engage sur la voie réformiste, communément associée à la CFDT et à l'Unsa. Le syndicat se fixe un triple objectif pour les trois années à venir : œuvrer au rassemblement syndical, à l'indépendance et s'ouvrir aux exclus du monde du travail.Marie Albessard