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Après la victoire du Front populaire aux législatives de mai 1936, des grèves massives éclatent dans tout le pays. Ci-dessus, à la Samaritaine, à Paris, le 17 juin 1936.
Après la victoire du Front populaire aux législatives de mai 1936, des grèves massives éclatent dans tout le pays. Ci-dessus, à la Samaritaine, à Paris, le 17 juin 1936.
Premiers congés payés, semaine de quarante heures, conventions collectives… À l’occasion des 90 ans du Front populaire, NVO.fr revient en vidéo sur les deux ans de lutte antifasciste, de 1934 à 1936, qui ont abouti à l’un des plus grands moments de conquête sociale de l’Histoire française : la victoire de la coalition de la gauche et la signature des accords de Matignon, arrachés au patronat. Avec le soutien du Fonds Ciné Archives et la participation de Jérôme Beauvisage, historien à l’Institut CGT d’histoire sociale.
Il y a quatre-vingt-dix ans, le 3 mai 1936, la coalition des forces de gauche du Front populaire, menée par Léon Blum, remportait les élections législatives. Cette victoire électorale est en réalité l’aboutissement d’un mouvement antifasciste qui a débuté deux ans auparavant. Le 6 février 1934, des manifestations de ligues d’extrême droite tournent à l’affrontement à Paris et le président du Conseil tout juste nommé, le radical Édouard Daladier, est contraint à la démission. Le 14 février 1934, les deux cortèges CGT et SFIO d’un côté, CGTU et PCF de l’autre, se rejoignent place de la Nation, à Paris, pour appeler à l’unité contre le fascisme. Pour Jérôme Beauvisage, membre de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, cet évènement est « incontestablement » le point de départ qui donnera naissance au Front populaire.
L’esprit d’unité sera reconvoqué le 14 juillet 1935. À l’occasion d’une manifestation monstre, regroupant 500 000 personnes à la Porte de Vincennes, partis politiques et syndicats montrent leur unité. La profession de foi de 1934 est inscrite sur une immense banderole qui traverse le cortège : « Nous faisons le serment solennel de rester unis pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour défendre et développer les libertés démocratiques et pour assurer la paix humaine. »
Grèves massives
Deux mois avant les élections législatives de 1936, la CGT et la CGTU actent leur réunification. La dynamique du 1er mai 1936 sera particulièrement puissante. Victorieux aux élections législatives deux jours plus tard, Léon Blum est nommé président du Conseil. Des grèves massives éclatent alors, dans une usine du Havre d’abord, avant de s’étendre en mai-juin à tout le pays. Portés par l’espoir suscité par l’arrivée de la gauche au pouvoir, les travailleurs décident, avec le soutien de la CGT, d’occuper leur lieu de travail pour obtenir des augmentations de salaire et l’amélioration de leurs conditions de travail.
Les vidéastes présents sur place témoignent des scènes de liesse et de joie populaires dans les usines occupées par les ouvriers. Dans leurs cahiers revendicatifs, les travailleurs réclament des mesures sociales qui, pour certaines, avaient été mises de côté lors de la campagne des législatives, comme les congés payés ou les quarante heures. Mesures qu’ils parviendront, avec l’appui de la CGT, à arracher au patronat, avec la signature des accords de Matignon, le 8 juin 1936. Le journal le Peuple titrera : « Victoire sur la misère ». Une histoire sociale à (re)découvrir sur notre chaîne YouTube, dans une vidéo réalisée en collaboration avec l’IHS CGT.
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