17 avril 2026 | Mise à jour le 17 avril 2026
Un rapport du Centre d'études et de recherches sur les qualifications le montre : les diplômés s'insèrent plus aisément dans le monde du travail. Pour autant, le diplôme ne garantit pas au salarié d'obtenir un poste à la hauteur de ses compétences.
Le diplôme demeure un atout majeur pour s'insérer professionnellement. Selon un rapport du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq), les diplômés du supérieur accèdent plus fréquemment à des emplois durables. C'est le cas de 59 % des diplômés du supérieur long et 44 % des diplômés du supérieur court, contre 18 % des titulaires d'un CAP et 27 % des simples bacheliers.Mais, même chez les jeunes diplômés, la part des emplois non durables gagne du terrain. En effet, si 55,3 % de celles et ceux qui avaient validé une licence générale lors de l'année universitaire 2021-2022 occupaient un emploi salarié dix-huit mois plus tard, 37,4 % d'entre eux étaient en CDD. Avec un master, le taux à dix-huit mois montait à 73,4 %, mais l'emploi était à 28,8 % en CDD. « Certains sont également encouragés à devenir microentrepreneurs », ajoute Nawel Benchlikha, membre de la direction confédérale de la CGT chargée de la question de la jeunesse.
« On rend les jeunes coupables de leur précarité »
Même si, durant les quatre premières années d'activité, le taux de chômage des détenteurs d'un bac + 5 ou plus n'est que de 6,8 % – contre 14,2 % pour l'ensemble de la jeunesse –, ce chiffre en dit long sur une promesse non tenue : celle que « la prolongation des études garantirait une position sociale à la hauteur de l'investissement consenti », comme le faisait remarquer le sociologue François Dubet dans un entretien accordé au Monde, en février 2026. « Je me souviens d'un jeune camarade qui sortait d'une école de commerce, et à qui on a proposé un emploi en dessous de ses qualifications, relate Nawel Benchlikha. Lorsqu'il en a fait la remarque à l'employeur, celui-ci lui a reproché de ne pas savoir se vendre. En fait, on reproche tout aux jeunes : d'être trop exigeants sur les salaires, de ne pas être assez mobiles… On les rend coupables des difficultés à accéder à un emploi stable, et de la précarité dans laquelle ils vivent. Alors que la plupart souhaitent un emploi stable, on leur propose des contrats au rabais. Pour sortir du sentiment de déclassement des jeunes diplômés, la CGT réclame une vraie reconnaissance des qualifications et diplômes. »