
Un nouveau congé de naissance : avancée sociale ou trompe-l’œil ?
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C'est au micro de France Info que la secrétaire générale de la CGT a pris la parole ce vendredi 3 juillet pour revenir sur la période caniculaire qu'ont traversée les ouvriers et les salariés français à la fin du mois de juin… et qu’ils s’apprêtent à retrouver dès ce week-end. Alors que le ministère de la Santé annonçait au même moment que 2025 personnes étaient mortes à cause de la chaleur, le bilan est clair pour Sophie Binet : « Rien n'a été adapté, rien n'a été anticipé, la chaleur tue. »
Pour Sophie Binet, l'urgence est à l'adaptation du monde du travail. « 2003, c'était il y a 23 ans et on a l'impression qu'aucune leçon n'a été retenue », explique-t-elle. Elle articule ses priorités autour de trois mesures : sanctionner automatiquement toutes les entreprises qui ne disposent pas d'un plan canicule ; permettre aux inspecteurs et inspectrices du travail d'interrompre une activité lorsqu'elle présente un danger lié à la chaleur, une avancée nécéssaire car ces derniers « n'ont pas ces prérogatives aujourd’hui ». Enfin, Sophie Binet demande à inscrire des températures maximales dans le Code du travail afin de fixer des seuils à partir desquels l'organisation du travail doit être adaptée, une mesure déjà présente en Espagne. Elle demande ainsi qu’en pareils cas « l'employeur soit obligé d'interrompre le travail ou de l'adapter ».
Elle rappelle que, selon l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), travailler au-delà de 30 °C dans le cadre d'un travail sédentaire peut déjà présenter un danger. Sophie Binet est toutefois revenue sur l'extension du dispositif de chômage partiel en cas d'intempéries, obtenue l'an dernier par la CGT pour les métiers du batiments, qu'elle souhaite voir étendue à davantage de situations et de corps de métiers. La dirigeante syndicale reste néanmoins méfiante, les salariés concernés ne percevant que 60 % de leur rémunération, ce qui entraîne une perte importante de salaire. Interrogée sur la question de l’adaptation des horaires de travail, la Secrétaire générale rappelle que cela impliquerait un changement profond de la société, ne fermant pas la porte à une nouvelle organisation collective.
Pour Sophie Binet, il s’agit aussi de pointer les responsabilités. Et celles-ci reviennent directement au patronat et au gouvernement : « Il y a des employeurs qui ne prennent pas leurs responsabilités », rappelle-t-elle. Pour la secrétaire générale, la prise de conscience est également insuffisante au sein de l’administration puisqu’elle a noté que seulement 7 préfets, sur les 72 départements placés en vigilance rouge, ont interrompu le travail en extérieur l'après-midi.
Mais Sophie Binet a surtout tancé le manque de volonté des patrons : « Pour le MEDEF, nos vies doivent être sacrifiées sur l'autel de leurs profits. » Elle ajoute que ses représentants « n'ont pas conscience de ce que c'est que de travailler par 40 degrés à l'ombre ». La dirigeante syndicale accuse également le gouvernement de ne pas faire respecter son propre décret sur l'adaptation des conditions de travail en période de canicule, malgré quelques milliers de controlés constatés sur la période. Elle invite d'ailleurs le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, à se rendre sur le terrain pour se rendre compte de la situation.
Sophie Binet a conclu sur le sujet climatique en expliquant qu'elle se rendrait en Espagne dès lundi 6 juillet afin de rencontrer des représentants syndicaux espagnols, pour étudier les dispositifs mis en place face aux épisodes de fortes chaleurs et s'en inspirer.

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