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Fillon privé de sa Légion d’honneur... Ces personnalités qu'on pourrait décorer à sa place

21 août 2026 | Mise à jour le 21 août 2026
Par | Photo(s) : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Fillon privé de sa Légion d’honneur... Ces personnalités qu'on pourrait décorer à sa place

Francois Fillon lors de sa campagne présidentielle en 2017.

Ce jeudi 20 août, François Fillon, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012 et candidat à l'élection présidentielle de 2017, a été suspendu pour dix ans de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite. Une distinction en moins… Et pourquoi pas une place qui se libère ? Certes, les choses ne se passent pas exactement ainsi mais NVO s'est tout de même demandé qui pourrait mériter une décoration bien mieux que cet apôtre de la casse sociale. Retour sur quelques-unes des figures qui ont fait face à François Fillon et à ses politiques.

Tout comme Nicolas Sarkozy, dont il a été Premier ministre, François Fillon a vu suspendre ce jeudi 20 août ses droits et prérogatives liés à la Légion d'honneur. La suspension a été édictée par un décret paru au Journal officiel le jeudi 20 août. Il est également suspendu de l'ordre national du Mérite. Cette décision est consécutive à sa condamnation définitive – depuis février dernier – dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse, Penelope Fillon. Le 17 juin 2025, la cour d'appel de Paris l'avait condamné à quatre ans de prison avec sursis, 375 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. L’ex-chef du gouvernement avait initialement formulé un recours contre cette seconde instance, avant d’y renoncer, rendant de facto la sentence irrévocable.

Et si nous profitions de cet ultime épisode du feuilleton judiciaire autour de François Fillon  pour désigner, certes symboliquement, des personnalités méritant bien davantage ce genre de distinctions qu’un ancien Premier ministre et ex-candidat à la présidentielle très porté sur le moins-disant social et désormais définitivement condamné ? Ainsi, NVO.fr vous propose, avec un peu de malice, les noms de citoyens et de militants ayant lutté contre les politiques d'austérité de François Fillon et contre ses orientations, notamment lors de la campagne présidentielle de 2017.

Élie Domota, visage de la mobilisation contre la vie chère

Il est l'une des figures de la grève générale en Guadeloupe de 2009. Cette année-là, Élie Domota devient le visage de la mobilisation. Secrétaire général de l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) et porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon), il se retrouve à la tête d'un collectif rassemblant syndicats, associations et organisations de la société civile. Le mouvement commence le 20 janvier 2009. Parmi les revendications : la hausse des salaires, la baisse des prix et la lutte contre la « pwofitasyon », terme utilisé par le mouvement pour dénoncer les mécanismes économiques et sociaux responsables de la vie chère. Portée, outre donc la figure d'Élie Domota, par la mobilisation des travailleurs, la lutte durera 44 jours.

Face à ce mouvement, François Fillon finit par réagir. Après l’échec des négociations menées par le ministre de l'Outre-mer, Yves Jégo, le Premier ministre envoie ses négociateurs en Guadeloupe. Des accords sont finalement signés le 4 mars, mettant fin à la mobilisation. Parmi les mesures obtenues, l’une résonne comme une victoire éclatante : l'augmentation des salaires de 200 euros. Élie Domota continue aujourd'hui de se battre pour l'amélioration du niveau de vie dans l'ensemble des départements d'outre-mer.

Les manifestants de 2010, en première ligne contre l'austérité

Trois ans après le début du mandat de Sarkozy, François Fillon et son ministre du Travail, Éric Woerth, lancent une réforme des retraites massives avec un plan visant à repousser progressivement l'âge légal de départ de 60 à 62 ans et l'âge du taux plein de 65 à 67 ans. Salariés du privé comme du public, cheminots, enseignants, soignants, ouvriers, étudiants ou retraités se mobilisent : pendant plusieurs mois, les manifestations et les grèves se multiplient partout en France pour défendre le droit à la retraite à 60 ans.

Les organisations syndicales dénoncent alors une réforme injuste, faisant peser l'effort principalement sur les travailleurs, notamment sur ceux ayant commencé à travailler tôt et sur ceux exerçant les métiers les plus pénibles. À l'automne 2010, les mobilisations prennent une ampleur considérable. Malgré cette mobilisation massive, le gouvernement maintient son projet et la loi est finalement promulguée le 10 novembre de la même année. Il n'empêche : treize ans avant la réforme des retraites de 2023, ces manifestants avaient déjà montré une force de mobilisation sans précédent.

Moussa Diarra, pour les droits des sans papiers

Entre 2008 et 2010, près de 6000 travailleurs sans papiers se mobilisent en Île-de-France pour obtenir leur régularisation. Parmi eux, Moussa Diarra, délégué du piquet de grève du 30, avenue Daumesnil, devient l'un des témoins de cette lutte. Avec le soutien de la CGT et de plusieurs associations, il coordonne l'action sur son piquet de grève parisien et participe activement aux actions de visibilité du mouvement, notamment sur les marches de l'Opéra Bastille, mais aussi à l'occupation du Palais de la Porte Dorée, alors Cité nationale de l'histoire de l'immigration.

Pendant trois mois, le bâtiment devient un lieu de lutte, de vie et de revendication. Par ce biais, les grévistes ont rendu leur lutte visible et ont fini par obtenir plusieurs milliers de régularisations.

Un pompier, parce que le service public ne fonctionne pas avec des suppressions de postes

Les feux massifs qui ont ravagé la Gironde ont été au premier plan de l’actualité tout l’été. Le travail des pompiers, mais aussi des nombreux bénévoles, s’est révélé une fois de plus essentiel, nous offrant le précieux rappel de l'importance des fonctionnaires et des services publics. En 2017, François Fillon, alors candidat à l'élection présidentielle, portait toutefois une proposition radicalement à contresens de ce constat : supprimer 500 000 postes dans la fonction publique et faire passer à 39 heures la durée hebdomadaire de travail des fonctionnaires restants. Concrètement, cette proposition ne signifiait pas la suppression immédiate de 500 000 emplois, mais reposait notamment sur le non-remplacement d'un départ sur deux à la retraite.

Une telle politique aurait pourtant eu des conséquences très concrètes sur les services publics, notamment dans les secteurs déjà sous tension. Moins de fonctionnaires, c'est moins de personnel pour assurer les missions primordiales : soigner, enseigner, secourir, entretenir les infrastructures ou encore répondre aux urgences. Aujourd’hui, récompenser la profession de sapeurs-pompiers c’est donc récompenser les acteurs de la fonction publique luttant, avec des moyens comptés, pour le bien commun et au sein de services publics soumis depuis des années aux politiques d'économies budgétaires.

Au moment d’ailleurs de distinguer ceux qui auront fait prévaloir le collectif face aux flammes, on pense aussi aux nombreux soutiens qui ont épaulé les pompiers, leur fournissant support et réconfort. Et parmi eux, Cédric et Jennifer, des traiteurs itinérants d’origine réunionnaise qui moyennant des dons, sont parvenus à servir 400 repas gratuits aux soldats du feu.