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EMPLOI

« On ne fait pas assez de marge ! » : l'indignation après l'annonce de 1097 licenciements boursiers chez Sodexo

27 août 2026 | Mise à jour le 27 août 2026
Par | Photo(s) : Lionel Bonaventure / AFP
« On ne fait pas assez de marge ! » : l'indignation après l'annonce de 1097 licenciements boursiers chez Sodexo

Les annonces de la société ont sidéré les employés.

Le 26 août 2026, l'ampleur des suppressions de postes annoncées chez Sodexo a laissé les salariés sous le choc. Ce même jour, le groupe informait de son ambition d'atteindre une marge d'exploitation supérieure à 5% avec reversement de la moitié des bénéfices aux actionnaires sous forme de dividendes.

« C'est le deuxième PSE national. La première fois c'était sous prétexte de Covid et aujourd'hui parce qu'on ne ferait pas assez de marge ! » s'insurge Fabienne Dos Santos, coordinatrice nationale CGT du groupe Sodexo. C'est en effet lors du Comité central d'entreprise qui s'est tenu le mercredi 26 août que l'information a été officialisée : la direction a présenté un projet de réorganisation pouvant conduire à 1 097 suppressions de postes en France : 963 postes dans la restauration et la maintenance soit environ 4 % des effectifs, auxquels s'ajouterait 134 postes supplémentaires au siège du groupe, à Issy-les-Moulineaux.

En parallèle, le groupe annonçait une émission obligataire de 1,1 milliard d’euros. Une somme qui doit notamment servir au financement général de l’entreprise et au remboursement d’une obligation de 800 millions d’euros arrivant à échéance en avril 2027. C'est ainsi que Sodexo affirme vouloir investir et relancer sa croissance avec un plan d'investissement. Son plan « Shift & Grow 2030 » prévoit une première phase 2026-2027 consacrée au rétablissement de la compétitivité, puis une accélération à partir de 2028. Mais si les salariés sont sacrifiés, les actionnaires, eux, sont rassurés puisque le groupe s'engage à leur reverser la moitié de ses bénéfices sous forme de dividendes.

Incertitude

Sodexo emploie environ 25 000 salariés en France répartis sur quelque 4 000 sites. Ses activités portent notamment sur le nettoyage, la restauration aux collectivités et les services aux entreprises. Les 1097 suppressions d'emplois ne sont pas encore officiellement des licenciements. Ce 27 août, les CSE des différentes entités étaient convoquées, mais les représentants des salariés ne disposaient pas encore de toutes les précisions sur le PSE et le plan de départ volontaire qui devrait en être la première phase. Dans la branche Hygiène et Propreté, Dahaba Doucouré, représentant CGT du secteur demeurait dans l'incompréhension : « Dans notre secteur, on nous dit qu'il n'y aurait pas de licenciement parmi les ouvriers, mais seulement les cadres. Mais pourquoi alors les cadres seraient-ils concernés dans notre branche ? ».

Fabienne Dos Santos s'insurge également contre la politique incohérente du groupe : « Il y a six ans, ils ont licencié deux mille personnes avant d'en réembaucher la moitié. » Une incohérence à laquelle s'ajoutent des erreurs stratégiques avec des investissements dans la restauration sous-vide et l'utilisation du plastique, lequel devait être par la suite interdit par de nouvelles réglementations. « De fait, on s'est retrouvé avec des cuisines centrales fonctionnant sur un modèle obsolète. Il y avait des bruits de couloirs sur des licenciement mais on ne s'attendait pas du tout à de telles annonces. »

Thierry Delaporte, PDG de Sodexo, justifie son plan par « l'ambition d'atteindre une croissance interne du chiffre d'affaires supérieure à +5% et une marge d'exploitation supérieure à 5% d'ici l'exercice 2030. » Il serait pour le moins scandaleux d'opérer tant de suppressions d'emplois avec une entreprise engrangeant de confortables profits. Les résultats financiers récents de l'entreprise n'ont pas encore été communiqués aux représentants des salariés.