25 août 2026 | Mise à jour le 25 août 2026
L'étude « Trump, Orbán, Meloni : quand l’extrême droite s’en prend aux syndicats », publiée ce mardi 25 août par la Fondation Jean-Jaurès, en partenariat avec la Fondation Friedrich-Ebert, documente la menace que font peser les gouvernements d'extrême droite sur les droits syndicaux et les libertés. Alerte : le danger est imminent. Un article à retrouver dans notre mensuel Ensemble du mois de septembre.
C'est une confirmation des multiples alertes lancées par nombre de syndicats – dont la CGT – à mesure que l'extrême droite prend la tête de plusieurs gouvernements en Europe. Publiée conjointement par la Fondation allemande Friedrich-Ebert et la Fondation Jean-Jaurès ce mardi 25 août, après qu’une première note en a été extraite fin juillet, l'étude de ces deux think tanks de gauche s’intitule « Trump, Orbán, Meloni : quand l’extrême droite s’en prend aux syndicats ». Portant donc à la fois sur les États-Unis, la Hongrie et l’Italie, elle révèle concrètement un net recul des droits syndicaux, de la démocratie sociale et des libertés partout où nationalistes et réactionnaires se sont emparés du pouvoir.
« Affaiblir les organisations syndicales, c'est réduire les possibilités de défendre des salariés, de contourner les négociations collectives et d'empêcher la conquête de nouveaux droits, peut-on lire dans sa préface. C'est […] une attaque directe contre l'une de nos libertés fondamentales. C'est en cela que dire que les forces politiques d'extrême droite sont un danger pour le syndicalisme, tel que nous le défendons avec la Confédération européenne des syndicats (CES) ou la Confédération syndicale internationale (CSI), ne relève pas du procès d'intention mais du constat d'une réalité mesurable et vérifiable. » Pour Fabienne Rouchy, membre de la direction confédérale de la CGT chargée des questions internationales, « cette démonstration vient à point nommé pour nourrir la réflexion et soutenir les actions que nous menons sur le terrain à quelques mois de l'élection présidentielle. C'est un outil supplémentaire pour faire la démonstration concrète de ce qui nous menace directement si le Rassemblement national l'emportait ».
Méthode radicale ou progressive
L'intérêt de ce rapport est de montrer que l'affaiblissement des syndicats ne passe pas nécessairement par une interdiction frontale, mais par une « logique cumulative » de mesures restrictives. Les gouvernements autoritaires ciblent méthodiquement quatre piliers essentiels : la représentativité des organisations, le financement des structures, le droit de grève et l’accès au débat public.
Et ils le font selon deux stratégies. Il y a, d’abord, la méthode dure, radicale, celle qu’on a vu se déployer en Hongrie : dès le retour au pouvoir de Viktor Orbán en 2010, le Code du travail a été réformé pour briser les prérogatives syndicales en entreprise, parallèlement à la suppression des subventions d'État. Mais il existe aussi une méthode plus insidieuse, comme en Italie, où le gouvernement de Giorgia Meloni contourne les syndicats majoritaires en ouvrant le dialogue social à des organisations non représentatives, diluant ainsi leur influence sans abolir formellement les structures. Dans un cas comme dans l'autre : « L'extrême droite vote contre les droits syndicaux et contre les droits des travailleurs, tout en prétendant parler au nom du peuple », résumait Luc Triangle, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI) au 54e congrès de la CGT. Et de conclure : « Face à la haine, nous choisirons toujours la solidarité internationale. »