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Argentine

Argentine : la CGT appelle à la grève générale contre la « réforme » du travail ultra libérale de Milei

17 février 2026 | Mise à jour le 17 février 2026
Par | Photo(s) : JUAN MABROMATA / AFP
Argentine : la CGT appelle à la grève générale contre la « réforme » du travail ultra libérale de Milei

Une manifestation de la CGT Argentine pour la fête des travailleurs de mai 2025.

La CGT argentine appelle à une nouvelle grève générale contre une «réforme » du travail récemment adoptée au Sénat de Buenos Aires. Le gouvernement Milei la présente comme un levier pour lutter contre l'emploi informel et relancer l'économie. Mais il s’agit plutôt d’un projet incendiaire, entre coupes sévères dans la protection sociale, baisses d'impôts et de cotisations pour les employeurs, et restrictions du droit de grève.

La principale centrale syndicale en Argentine, la CGT, annoncera ce mercredi 18 février un appel à la grève générale, pour protester contre une nouvelle « réforme » du travail voulue par Javier Milei. Au programme : latitude donnée aux entreprises pour proposer des droits inférieurs aux conventions collectives (et renégociations annuelles de celles-ci au sein de chaque entreprise), allègement des règles pour l'embauche et le licenciement, et journée de travail pouvant aller jusqu'à 12 heures.

En parallèle, le texte prévoit de baisser de 3,5 % les impôts des entreprises, de 1 % les cotisations patronales aux caisses de prévoyances des salariés, ainsi que de réduire de 3 % la participation patronale au financement des retraites. Enfin, le texte s'il est voté acterait la dissolution du fonds de promotion du cinéma (équivalent du CNC).

La justification du gouvernement d'extrême droite de Javier Milei pour cette loi dite de « modernisation du travail » ? Favoriser l'emploi, soi-disant freiné par des régulations coûteuses et contraignantes… Le discours est connu. Quant à l'objectif affiché, il est de lutter contre le travail informel, qui représente 50 % de l'emploi total en Argentine, selon l'OCDE. La loi a été votée au Sénat le 11 février, malgré des manifestations organisées aux abords de la chambre haute notamment par la CGT, et émaillées de heurts avec la police. Elle doit prochainement être examiné à la Chambre des députés (équivalent de l'Assemblée nationale en France).

La CGT au coeur du rapport de force

Evidemment, les représentants des travailleurs ne partagent pas le point de vue de la communication gouvernementale. La centrale syndicale CTA-A compare cette loi à la politique sociale de la dictature militaire qui a sévit dans le pays de 1976 à 1983. La CGT argentine, forte de 7 millions d'adhérents, lancera donc ce mercredi 18 juillet un appel à la grève générale lors d'une conférence de presse, sans prévoir de manifestation. « Les conditions sont réunies et des consensus collectifs sont en train de se construire en vue d'une grève nationale » a déclaré Cristian Jeronimo, dirigeant de la centrale, au média argentin El Litoral. 

Le président d'extrême droite, à tendance libertarienne – souvent comparé à Donald Trump, en raison de la proximité des deux hommes et de sa persona médiatique excentrique mise au service d'un projet politique ultra libéral – a déjà provoqué la colère sociale à de nombreuses reprises. C'est la quatrième grève générale organisée par la CGT depuis l'accession au pouvoir de Javier Milei en décembre 2023. La première a eu lieu en janvier 2024, mobilisant des dizaines de milliers de manifestants, pour réagir à la première offensive libérale du président nouvellement élu, la deuxième en mai de la même année et la troisième en avril 2025, avec notamment un fort impact sur les transports. La centrale syndicale est rapidement devenue la principale force d'opposition au gouvernement Milei. Ce que ce dernier semble avoir bien compris, puisque la « réforme » prévoit également de restreindre le droit de grève en imposant un minimum d'activité garantie pour certains secteurs, comme celui des transports, une des branches les plus mobilisées pendant les grèves. Les réunions sur le lieu de travail seraient également soumises à l'autorisation des employeurs.

Si les mobilisations massives déclenchées lors des précédents appels à la mobilisation ont permis de freiner et de modifier certains articles des lois, elles n'ont pour le moment pas véritablement empêché le rouleau compresseur antisocial de progresser, notamment à travers des coupes massives dans les services publics et dans la protection sociale.