
Les cheminots en lutte
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Manifestation des cheminots dans la Gare de Lyon. Irina Kalashnikova / AFP
Réunies mardi 27 février, les fédérations syndicales de cheminots se donnent jusqu'au 15 mars prochain pour décider d'une éventuelle action commune, en donnant d'ici là une chance à la concertation avec le gouvernement sur son projet de réforme.
Le 14 mars, la loi d'habilitation pour réformer la SNCF par ordonnances devrait en effet être présentée en Conseil des ministres. « Si le 15 nous constatons que le gouvernement est dans la logique d’un passage en force, c’est-à-dire qu’il maintient son projet en l’état, alors il y aura grève à la SNCF », a annoncé Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT (première organisation chez les cheminots) à l’issue de la réunion. Pour son collègue Didier Aubert, de la CFDT, « si ça ne bouge pas, un préavis de grève sera déposé et ce sera une grève reconductible et dure ». Cette bataille concerne l’ensemble des salariés et des citoyens et, confirme Philippe Martinez, « la réponse sera à la hauteur de l’attaque ».
Est-ce le syndrome 1995, la crainte d'une mobilisation générale des cheminots et d'un soutien massif de la population ? Le gouvernement tente en tout cas de diviser les cheminots et les usagers, en osant prétendre que la dette de la SNCF serait principalement le fruit du statut des agents, présentés comme des privilégiés, notamment du fait de leur régime de retraite.
Or, en dépit d'horaires décalés, du travail de nuit, le week-end et les jours fériés, les cheminots partent en moyenne à 57 ans et demi. Non pas un privilège à supprimer, mais au contraire un acquis à généraliser à d'autres professions.
Par cette stratégie de division, le gouvernement tente de masquer l'essentiel : cette réforme annoncée de la SNCF vise à privatiser par étapes ce service public, avec une ouverture à la concurrence dont les usagers seraient les premiers perdants.
Car la logique du privé, c'est de maintenir les lignes dites rentables et de fermer les autres, quand le service public se doit de réaliser des péréquations financières pour que l'accès au train ne soit pas réservé aux seules liaisons entre métropoles, au détriment des territoires ruraux et de leurs habitants et de l’environnement.
Et c'est sur les régions que pèserait le maintien ou non des petites lignes. La logique du privé, c'est aussi de réduire les coûts de production : on a vu, au Royaume-Uni, par exemple, à quel point cela se fait au détriment de la sécurité minimale…
À l'inverse, et loin du statu quo, la CGT est porteuse de propositions, qu'il s'agisse de la dette, de l'aménagement du territoire, de l'organisation de la SNCF, pour répondre aux besoins des usagers, dans le respect de leurs droits comme de ceux des salariés.
Le gouvernement, dans une logique de confrontation, se dit prêt à affronter une grève d'un mois des cheminots. Face à une telle logique, les cheminots, eux, sont prêts à se mobiliser si la concertation annoncée se transforme en « monologue » où il ne s'agirait que de négocier les modalités d'application d'une réforme toute ficelée et si le gouvernement persiste à passer par les ordonnances.
Les organisations de cheminots doivent donc décider des suites le 15 mars. La CGT, Sud-rail… appellent en outre les cheminots à participer à la journée de mobilisation, avec grèves et manifestations, le 22 mars, avec l'ensemble de la fonction publique.
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