Premier pas contre les armes nucléaires
Plus de soixante-dix ans après les premiers massacres atomiques (ceux d'Hiroshima et Nagasaki par les forces américaines en 1945), il s'agit d'une victoire historique. Comme le souligne Patrice Bouveret, de l'Observatoire des armements, « les armes nucléaires étaient les seules armes de destruction massive qui n'étaient pas encore couvertes par un traité d'interdiction, malgré les conséquences humanitaires catastrophiques provoquées en cas de détonation intentionnelle ou accidentelle. Les armes biologiques ont été en effet interdites en 1972 et les armes chimiques en 1992 ».
Et d'ajouter : « Il est temps pour les dirigeants du monde entier de faire correspondre leurs valeurs et leurs mots en signant et en ratifiant ce traité comme la première étape vers l'élimination des armes nucléaires. »
Une menace existentielle
L'arme nucléaire continue cependant de menacer le monde. En témoigne le jeu de sommations, hors de tout cadre international et de toute référence au droit, auquel se livrent depuis plusieurs mois le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump. Dans un discours aux Nations unies, ce dernier a menacé le 9 septembre dernier de « détruire totalement » la Corée du Nord — qu'il a décrite comme « un régime vicieux » et « corrompu » — si les États-Unis ou leurs alliés étaient confrontés à une attaque de Pyongyang.
Pyongyang qui développe de son côté un programme balistique, passant outre les sanctions décidées par les Nations unies. Comme une réponse, Kim Jong-Un a qualifié le 22 septembre Donald Trump de « mentalement dérangé » et l'a menacé à son tour de lui faire « payer cher » ses insultes et menaces contre le peuple de Corée du Nord. Alors que l'impunité est source de pérennisation des conflits, toujours au détriment des peuples, le Mouvement pour la Paix appelle à une grande journée de mobilisation partout en France le 23 septembre.
Une journée d'autant plus importante que la France, par exemple, n'a pas participé aux négociations historiques de l'ONU sur le désarmement nucléaire, et a même souligné au contraire son attachement à la « dissuasion nucléaire ».