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Coronavirus

Chroniques du coronavirus : l’UL CGT de Tourcoing et les ouvriers travaillant en pleine pandémie

23 mars 2020 | Mise à jour le 24 mars 2020
Par | Photo(s) : UL CGT de Tourcoing
Chroniques du coronavirus : l’UL CGT de Tourcoing et les ouvriers travaillant en pleine pandémie

Comment les salariés et les militants syndicaux s’adaptent à cette réalité ? Ceux qui travaillent de chez eux, ceux qui sont tenus de se présenter à leur poste… Chaque jour, la NVO vous raconte le quotidien des travailleurs à l’heure du Covid-19. Aujourd’hui : l'union locale CGT de Tourcoing qui doit répondre aux situations des ouvrie·re·s.

Depuis une semaine, l'union locale CGT de Tourcoing (Nord) réceptionne une multitude d'appels à l'aide de salariés d'entreprises qui sont contraints d'aller travailler avec cette injonction paradoxale du gouvernement : « Restez chez vous ! » et « Allez travailler ! »

Colère, écœurement, voire panique, ce sont les sentiments qui se dégagent des différents messages qu'échangent sur Facebook les employé·e·s — essentiellement des femmes — de Vertbaudet (commerce de jouets et mode pour enfants) près de Tourcoing (Nord).

Exemple : « Il faut absolument trouver quelque chose pour que Vertbaudet ferme… Il y a eu deux cas que la direction a déclarés faux les filles ont mis sur fb que c'était bien ca !!! J ai une collegue là qui a du appeler le samu parce que son fils de 2 ans n'était pas bien, suspicion de coronavirus putain il a 2 ans… Tout ca pour des patrons qui n'ont même pas le culot de bouger leur cul pour venir leur dire les choses en face ils ont peut-être peur d'être contaminés par un virus qui soi disant n'existe pas chez nous… »

Pour un leader européen du monde merveilleux de l'enfant, quelle compassion !

Femmes courage

Vertbaudet est une entreprise où la CGT s'est implantée récemment, ses employé·e·s ont pris part pour la première fois aux grèves de décembre dernier sur les retraites. Ces femmes courageuses sont essentiellement dirigées par des chefs hommes qui ont touché en fin d'année des primes d'intéressement dont les ouvrières ont été exclues.

Aujourd'hui, elles sont contraintes de produire sur place alors que ce n'est pas le cas des services administratifs, des hauts cadres, de la direction d'où un très grand ressentiment.

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Ouvrier·e·s en première ligne

C'est ce type d'échos qui a poussé l'union locale CGT de Tourcoing et environs à multiplier les communiqués de presse la semaine dernière en interpelant directement les entreprises concernées, petites ou grandes, où les salariés ont le sentiment d'être la chair à canon de la production. « On est assaillis de témoignages de ce genre depuis une semaine, des employés de grandes boîtes comme Vertbaudet, mais aussi pas mal de PME où les salariés sont complètement désemparés et où c'est l'arbitraire patronal total », rapporte Samuel Meegens, dirigeant de l'Union locale CGT de Tourcoing et environs.

Si les jouets, l'emballage de vêtements ou de parfum ne font en rien partie des activités essentielles, les chantiers d'installation de nouveaux portiques antifraudes du métro lillois ne le semblent pas davantage a priori. Pourtant, Satelec y envoie ses ouvriers et la direction fait pression pour que les intérimaires viennent bien bosser.

Là aussi, la fracture entre les salariés sur les chantiers et les télétravailleurs, essentiellement cadres, ou de la logistique crée un malaise. « Ça remet en avant la centralité du travail ouvrier dans la production », analyse Samuel qui invite là aussi à voir combien les ouvriers des chantiers sont choqués au travers de leurs échanges sur Facebook.

L'UL CGT dénonce sur le fond le fait qu'on privilégie le profit des uns au détriment de la santé des autres. « La confiserie du Nord continue à produire de la guimauve » s'agace la CGT Tourcoing. Risquer de mourir pour produire des bonbons, cela ne semble en rien choquer le patronat, car les droits de retraits sont quasiment tous contestés.

La CGT réclame l'arrêt des activités non essentielles

Depuis quelques jours, la CGT revendique la mise à l'arrêt de toutes les activités non vitales. Durant le temps qu'a duré le recueil d'informations pour cet article, la NVO a été informée du décès pour cause de Covid-19 d'un ouvrier de Renault — nous y reviendrons demain — le syndicat CGT de General Electric a aussi exprimé sa colère quant au fait que les activités de production se poursuivaient tandis que le siège de l'entreprise avec ses dirigeants était lui, fermé.

Et la CGT de GE de lancer cet appel à résister en instaurant partout des droits de retrait : « La santé n'a pas de prix ! Aucune négociation n'est possible ! La CGT vous exhorte solennellement à rester confiné chez vous pour la santé de tous. Aucune inquiétude : vous êtes soutenus et protégés. La CGT continuera à vous supporter dans vos démarches et vous informera tout au long de la crise. »