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SOCIAL

Clinique Floréal Bagnolet : Le conflit social pour les salaires se durcit

1 décembre 2022 | Mise à jour le 1 décembre 2022
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Clinique Floréal Bagnolet : Le conflit social pour les salaires se durcit

En grève depuis le 23 novembre, 80 des 146 personnels de la clinique Floréal de Bagnolet (Seine Saint Denis)  poursuivent la bataille pour des augmentations générales des salaires. Droite dans ses bottes, la direction propose des primes ridicules.

Prime d'habillage bidonnée (25 euros/mois) ; non-versement depuis 3 ans de la prime d'urgence (118 euros par mois); mauvaise application du coefficient de la cotisation prévoyance (environ 180 euros par an ) ; paiement des heures supplémentaires conditionné à 1 ½ heure de travail dissimulé ; non-respect de certains articles de la convention collective et du Code du travail ; détournement de l'usage des congés payés et, cerise sur la blouse blanche, disparition soudaine de la prime de participation obligatoire aux bénéfices.. « Plus on déroule la pelote, plus on découvre ce qui s'apparent à une fraude organisée à grande échelle, au détriment des salariés, et pas seulement ceux de l'établissement de Bagnolet (93) puisque nous avons relevé des infractions similaires dans d'autres cliniques du groupe Almaviva Santé (*)qui nous ont interpellés », indique Eric Lacoste, secrétaire fédéral de la CGT Santé et action sociale (en charge du secteur privé).

La prime d'urgence, ankylosée depuis 3 ans

Alerté, au départ, par la CGT Floréal de Manosque (04), Eric Lacoste a relevé d'innombrables « erreurs comptables » dans les fiches de paie des salariés. Notamment s'agissant de la prime d'urgence de 118 euros / mois, captée par l'entreprise depuis 3 ans, mais jamais versée aux salariés, alors qu'elle émane de fonds publics.

« Des erreurs comptables», aurait prétexté la direction. Mais qui, étrangement, se recoupent avec celles relevées chez Floréal Bagnolet où les personnels sont entrés en grève pour exiger des revalorisations de salaire à hauteur de l'inflation. En réponse à quoi, la direction persiste à refuser de répondre à cette revendication. D'autant plus obstinément qu'elle est désormais contrainte de régulariser le passif des fameuses « erreurs comptables »: « Nous avons dressé une liste de toutes les infractions relevées jusqu'ici et leur avons donné 10 jours pour obtempérer », précise Eric Lacoste.

Une obole de 13 à 40 euros

« Nous paierons tout ce que nous devons aux salariés » a promis la direction à la CGT. Contrainte d'assumer ce passif qu'Eric Lacoste a évalué autour de 500 000 à 1 million d'euros pour les 5000 salariés du groupe, Floréal tente donc de s'épargner des augmentations de salaires pourtant inévitables quand on sait qu'une majorité des personnels plafonnent autour du SMIC depuis des années et que leurs salaires sont désormais plombés par l'inflation galopante (+ 6 % en 2022).

Pariant sur le pourrissement de la grève dont elle tente de précipiter la levée en multipliant les réquisitions de salariés grévistes, la direction a fini par lâcher cette concession: une prime de 40 euros / mois, mais conditionnée à tant de critères qu'elle ne s'appliquerait qu'à une minorité de salariés. Ou alors, une prime de 13 euros / mois qui, celle-ci, s'appliquerait indistinctement à tous. Bref, une obole, que les salariés, floués depuis des années, ne peuvent qu'interpréter que comme une énième marque de mépris.

Epuisés par 9 jours de grève sans salaires, mais soutenus par toutes les structures de la CGT ainsi que par une opinion publique de plus en plus solidaire envers les grévistes, les salariés de Floréal Bagnolet entendent bien poursuivre leur combat contre la misère faite à celles et ceux dont le métier, d'intérêt général, consiste à soigner leurs concitoyens.

(*)Almaviva Santé est le 4e plus important groupe de cliniques privées en France. Il est détenu à 60 % par le fonds koweitien Wren House Infrastructure et 16 % par Bpifrance. En 2021, Almaviva Santé regroupe 41 établissements privés dont 17 en région Sud, 19 en Ile-de-France et 5 en Corse (source, Wikipedia)