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HÔPITAL

VIDÉO : Colère à Bobigny, avec les hospitaliers d’Avicenne

4 juin 2020 | Mise à jour le 5 juin 2020
Par et | Photo(s) : Anne Chaon / AFP
VIDÉO : Colère à Bobigny, avec les hospitaliers d’Avicenne

Un membre du personnel de l'unité de soins intensifs de l’Hôpital Bichat de l'AP-HP

La crise sanitaire s'éloigne mais les problèmes de l'hôpital public, cruellement mis en lumière par la Covid-19, demeurent… Dans de nombreux établissements, des rassemblements ont désormais lieu tous les jeudis pour exiger plus de moyens. Reportage à l'hôpital Avicenne de Bobigny.

L'hôpital est à nous !  On veut du pognon pour l'hôpital, du fric pour la Sécu !  Des slogans forts pour une colère noire. Celles des personnels de l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) rassemblés à l'appel de la CGT et de Sud, ce 4 juin 2020 sur le parvis de l'établissement pour dénoncer  la casse  de l'hôpital public dans le cadre des jeudi noirs de la colère, (#jediscolère) organisés dans les hôpitaux  à Paris et en région. Des usagers sont venus témoigner leur solidarité à l'instar de salariés d'autres professions (enseignants, RATP…).

La Seine-Saint-Denis fortement touchée par la Covid-19

Dans ce département très durement frappé par le Covid-19, soignants et patients ont payé un très lourd tribut à la crise. Lucie Branco, la secrétaire du syndicat CGT de l'hôpital raconte : « Ça a été très éprouvant, ici, la précarité est pire qu'ailleurs, il n'y a pas beaucoup de médecins soignants, et tout passe par l'hôpital. On ne peut pas « avaler » tous les patients. ».

La jeune infirmière poursuit, la gorge nouée : « On s'est vus transférer des gens en province parce qu'on n'avait pas assez lits en réa, nous avons renvoyé chez eux des cas Covid, au motif qu'ils n'étaient pas assez graves. Une nuit, on en a refusé 50 ! C'était, terrible, dramatique, même avec les attentats on n'a pas connu ça, on ne sortira pas indemnes de tout cela ».

C'est dire si les beaux discours sur l'engagement des soignants et l'autosatisfaction de l'exécutif sur la crise a du mal à passer : « le gouvernement se félicite en disant l'hôpital a tenu ! Non l'hôpital n'a pas tenu », tonne Christophe Prudhomme au micro.

Les agents en première ligne face au manque de moyens

Le médecin urgentiste, membre de la direction de la CGT santé le martèle : « des morts auraient pu être évités, si on avait eu plus de lits ! Ce dont nous avons besoin, ce sont des lits, des emplois pour l'hôpital, des augmentations de salaire, pas des primes. Ce gouvernement ne comprend rien, hier il a fait voter une loi pour que les gens puissent nous donner des jours de RTT. Mais gardez vos RTT et venez manifester avec nous ! », lance-t-il à l'assistance.

Alors que le petit cortège emprunte la sortie de l'hôpital et traverse les voies du tramway, des klaxons de soutien résonnent sur la route. Du baume au cœur pour les salariés mobilisés alors que l'action syndicale est placée sous haute surveillance par la direction de l'hôpital. La semaine précédente, cette dernière n'avait pas hésité à missionner un huissier lors du premier jeudi de la colère, et ce 4 juin, quelques cadres avaient été dépêchés en queue de cortège pour surveiller la manifestation. Ambiance…

Pas de quoi toutefois intimider l'intersyndicale qui se prépare à une nouvelle mobilisation jeudi prochain. Elle invite aussi les usagers à se joindre à la journée d'action nationale organisée le 16 juin prochain à l'appel de la CGT, FO, Sud et Unsa et des collectifs Inter Urgences et Inter Hôpitaux, alors que l'exécutif doit présenter d'ici mi-juillet son nouveau plan pour l'hôpital public, à l'issue du Ségur de la santé.

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