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Coronavirus

Coronavirus : les salariés du commerce en première ligne

27 mars 2020 | Mise à jour le 27 mars 2020
Par | Photo(s) : Georg Wenzel/AFP
Coronavirus : les salariés du commerce en première ligne

Alain Siekappen Kemayou, chef de la sécurité au centre commercial O'Parinor d'Aulnay-sous-Bois, est décédé le 21 mars 2020, à 45 ans. C'est le premier décès par Coronavirus révélé dans le commerce. Il y en aura d'autres, car les salariés sous-payés sont incités à risquer leur vie pour une prime.

« Macron a dit qu'on était en guerre, et les salariés des commerces et services sont envoyés en première ligne. Or dans une guerre, un général n'envoie pas les soldats au front sans armes ou sans la moindre protection. Pourtant c'est bien ce qui a été fait la semaine dernière quand toute la population s'est ruée dans les magasins » s'insurge Amar Lagha secrétaire général de la fédération CGT du commerce et des services.

« Alain est le premier mort de cette épidémie en France dans notre secteur d’activité » avait alors annoncé la fédération CGT. Un premier, qui malheureusement pourrait être suivi d'autres, compte tenu de l'inconséquence coupable des enseignes de la grande distribution.

Salariés désemparés

Face à la ruée des consommateurs dans les magasins, le standard de la CGT Commerce et services a été inondé de demandes de salariés paniqués par la tournure que prenaient les évènements. « On a reçu des appels de salarié(e)s des services aux particuliers, directement en contact avec les personnes âgées, mais aussi d'employé(e)s des supermarchés ; dans l'affluence des premiers jours, on a vu dans les centres commerciaux que les caissières, ceux qui mettaient en rayon et les agents de sûreté ne disposaient alors ni de gants ni de masques… ».

La quasi-totalité des appels reflétaient une forte inquiétude, voire une peur et interpellaient le syndicat pour savoir comment se protéger soi-même et son entourage, comment faire usage de son droit de retrait, « mais personne ne demandait d'argent ».

« La prime de la mort »

Les grandes enseignes (Auchan, Carrefour, Intermarché…) ont dans la foulée annoncé une prime de 1000 euros pour les salariés qui venaient travailler. C'est une somme importante au vu des très petits salaires pratiqués de la profession. « Il y a trois semaines, les négociations annuelles obligatoires patinaient par manque de moyens, on nous accordait royalement 1,6%, mais d'un coup, il y a de l'argent pour inciter les salariés qui se sont mis en maladie ou ont fait usage de leur droit de retrait à revenir » s'indigne le syndicaliste. « Et quand on propose 1000 € à quelqu'un qui gagne 800 € ou 900 €, il y va. C'est la prime de la mort ! »

1000 €, ou bien moins…

Mais à y regarder de plus près, il n'est même pas certain que cette prime de 1000 euros soit intégralement versée témoigne Sophie Serra, délégué CGT à Auchan Périgueux : « Cette prime fait plus de dégâts que de bien. Les gens en sont à comparer entre eux les jours qu'ils ont fait durant la période… On ne connaît pas les modalités de versement. On pose la question à la direction qui ne répond pas et joue la montre ».

La prime versée au pro rata de la présence ? De quoi plomber encore un peu plus l'ambiance parmi celles et ceux qui continuent à travailler.

Interview de Sophie Serra, délégué CGT à Auchan Périgueux

 

Décathlon… à fond la cupidité

Mais si certaines grandes enseignes proposent 1000 euros aux salariés pour venir travailler, d'autres au contraire n'ont pu éviter de fermer. C'est le cas des 125 magasins d'articles sportifs Décathlon.

Mais même lorsque les magasins sont fermés, le logiciel cupide de la direction, lui, fonctionne à plein régime. C'est ainsi que Décathlon annonce à ses salariés qu'ils sont contraints de poser leurs congés ou RTT durant cette période…

Le patronat, comme toujours, essaie toujours de tirer profit des guerres sur le dos de sa chair à canons. Et pour lui, visiblement, il n'y a pas de petit profit.

Une déferlante attendue

Pour l'heure, il est encore impossible de chiffrer le nombre de personnes atteintes du Covid-19 dans le commerce. Cependant, le manque de précautions des premières semaines a été terrifiant, tout comme l'a révélé la CGT au Lidl d'Achères (Yvelines), où cinq personnes ont été contaminées, tandis que la direction obligeait des salarié·e·s sans aucune protection à désinfecter les portes avec des lingettes.

C'est au cours de ces prochains jours qu'on mesurera pleinement les conséquences de ces comportements irresponsables. Amar Lagha lance encore un cri de colère : « On voit des magasins de bricolage, qui mettent la pression pour ouvrir. C'est inadmissible, seuls les commerces de première nécessité doivent être autorisés à ouvrir dans la période.»

 

Dernière minute : nous venons d’apprendre le décès de notre camarade Aïcha; déléguée CGT de Carrefour Saint-Denis. La NVO présente ses condoléances à sa famille, ses collègues et au syndicat CGT de Carrefour.

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