Discours de politique générale : Michel Barnier met le cap sur la continuité
Face aux députés d’une Assemblée nationale très divisée, le nouveau locataire de Matignon, Michel Barnier, a présenté, mardi 1er octobre, les grandes lignes d’une politique générale qui, sans surprise, reste inscrite dans le droit fil du cap fixé par le président Macron. Premières impressions générales d’ensemble, avec Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT.
Publié le 3 octobre 2024
Face aux députés d’une Assemblée nationale très divisée, le nouveau locataire de Matignon, Michel Barnier, a présenté, mardi 1er octobre, les grandes lignes d’une politique générale qui, sans surprise, reste inscrite dans le droit fil du cap fixé par le président Macron. Premières impressions générales d’ensemble, avec Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT.
Il faut que rien ne change pour que rien ne change. C’est en tordant le cou au fameux adage extrait du film Le Guépard que l’on pourrait résumer le discours de politique générale présenté par le Premier ministre aux députés de l’Assemblée nationale, mardi dernier. Un discours qualifié tour à tour d’«ennuyeux », voire de « soporifique » par les groupes de l’opposition.
Seule marque de rupture avec la politique « disruptive » menée depuis 2017 par Emmanuel Macron, le style, courtois, affiché par le nouveau Premier ministre : « Se sachant fragile et devant tenir son fil d’équilibriste entre les macronistes, les LR et le Rassemblement national en embuscade, monsieur Barnier a tenu à montrer qu’il n’est pas une brute pour se distinguer du président, à tout le moins sur la forme. Mais sur le fond, les orientations politiques annoncées demeurent très brutales pour celles et ceux qui vont subir un plan d’austérité sans précédent », prévient Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT.
« On reste dans la trajectoire macroniste de colonisation de l’État […] et dans le pillage de ses ressources pour les mettre au service des intérêts du capital »
Il en veut pour illustration l’annonce des 40 milliards de coupes budgétaires dans la dépense publique qui vont affecter de plein fouet les collectivités territoriales et locales à hauteur de 6 milliards d’euros et les services publics, tout particulièrement la santé publique : la progression de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) va être limitée à 2,8 % en 2025, contre 3.2 % en 2024, afin de récupérer quelque 14 milliards d’euros dans les caisses de la Sécurité sociale.
« On reste dans la trajectoire macroniste d’empreinte néolibérale, dans la colonisation de l’État – comme l’a révélé le scandale McKinsey – et dans le pillage de ses ressources pour les mettre au service des intérêts du capital et des plus fortunés », tient à alerter Denis Gravouil.
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