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Le Medef présente l’addition

Frédéric Dayan
28 avril 2020 | Mise à jour le 6 mai 2020
Par | Rédacteur en chef adjoint
Quel contraste saisissant entre la promesse des « Jours heureux » dans l'allocution présidentielle de ce 13 avril et l'ambition du Medef de faire « suer le burnous » sitôt venu le « jour d'après » !

Après avoir obtenu jusqu'au 31 décembre les dérogations aux limites du temps de travail décidées par ordonnances dans le cadre du projet de loi d'urgence sanitaire, mais aussi le chômage partiel qui entraîne souvent une baisse de revenus de 16 % pour les salariés tandis que l'entreprise est totalement indemnisée, Geoffroy Roux de Bézieux s'est lâché dans les colonnes du Figaro : « Il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire » a prévenu le patron des patrons.

Hélas, loin de prendre ses distances avec le patron des patrons, la secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher a prévenu qu'il faudrait essayer de « rattraper » la perte d'activité induite par le confinement. Le risque de voir les revendications patronales satisfaites est « d'autant plus grand que le gouvernement est attentif aux souhaits du Medef », a alerté Céline Verzeletti, membre du bureau confédéral de la CGT.

Le patronat et le gouvernement vont évidemment tout faire pour que le jour d'après ressemble à ceux d'avant. Pas question pour eux de remettre en cause les fondamentaux du néolibéralisme comme l'ont exigé 16 organisations, dont la CGT, Solidaires, la FSU, Attac ou Oxfam, qui ont lancé une pétition citoyenne « Pour le jour d'après » déjà paraphée par près de 104 000 personnes.

Pour l'instant, aucune des quatre allocutions présidentielles depuis le début du confinement ne permet de voir se dessiner une vraie rupture avec les politiques menées jusqu'à aujourd'hui. Rien sur l'arrêt des activités non essentielles, rien sur l'annulation des dividendes, rien sur une fiscalité plus juste, rien de concret pour relocaliser les productions industrielles ou agricoles, rien de tangible pour développer les services publics.

Rien non plus dans les mesures à court terme concernant par exemple l'indemnisation du chômage partiel à 100 %. Et pas un mot non plus sur un renoncement à poursuivre la réforme des retraites ou celle de l'assurance chômage. Rien n'incline donc à penser qu'Emmanuel Macron et Geoffroy Roux de Bézieux ne s'arrangent pas pour faire payer deux fois l'addition aux salariés.