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Macron n'en a pas fini avec les mobilisations

Frédéric Dayan
20 janvier 2020 | Mise à jour le 20 janvier 2020
Par | Rédacteur en chef adjoint
Qui oserait insinuer que la mobilisation contre la réforme des retraites est terminée et que règne la paix sociale, alors que durant toute cette semaine et ces jours derniers se sont multipliées des mobilisations souvent spectaculaires.

Des chefs de services hospitaliers qui démissionnent de leurs fonctions administratives, des infirmières qui jettent leurs blouses, des avocats qui en font autant avec leurs robes, des profs qui jettent leurs manuels scolaires devant les rectorats, des marches aux flambeaux, des concerts de solidarité, les dockers qui bloquent les ports par séquences de trois journées… L’inventaire des mobilisations de ces derniers jours n’est pas exhaustif.

La reprise du trafic à la RATP ou à la SNCF, des cortèges moins fournis sont-ils le signe que « ça y est », les Français sont enfin acquis à la réforme des retraites  ? Ce serait se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. En effet -et cette semaine qui verra le projet de loi présenté en Conseil des ministres le 24 janvier en est la preuve-, les mobilisations se poursuivent, prennent de nouvelles formes. Nous sommes à un moment où dans un conflit d’une longueur inédite depuis des décennies, les salariés, les syndicats doivent imaginer des voies pour ne pas s’épuiser, pour rebondir. Le temps d’imaginer des formes d’action qui, juxtaposées, peuvent de nouveau converger, qui peuvent recueillir et faire grandir la sympathie de l’opinion. Qui entretiennent un climat de contestation sociale dans lequel l’exécutif et le patronat ne connaissent aucun répit. En fait, les salariés ont encore « de l’imagination pour montrer leur mécontentement », a noté Philippe Martinez, dans une interview publiée dimanche 19 janvier par Le Parisien.

Dans cette séquence, les éditorialistes ne savent plus sur quel pied danser, alors ils en font des tonnes sur l’intrusion de quelques manifestants au siège de la CFDT ou au théâtre des Bouffes du Nord. Pour nous expliquer que c’est le chant du cygne de ce mouvement et qu’une telle séquence est propice à la « radicalisation » . Mais la radicalisation elle est bien du côté d’Emmanuel Macron qui puise dans les fondamentaux du libéralisme l’inspiration de cette réforme et qui persiste à répondre à la contestation par des opérations de communication et de diversion. La radicalisation de l’exécutif, elle est à l’œuvre dans son aveuglement, sa morgue, la violence qu’il fait exercer contre ceux qui contestent sa politique. C’est un exécutif acculé qui est aujourd’hui contraint de désavouer du bout des lèvres la violence intolérable des forces de l’ordre, mais qui continue à la légitimer.

On va voir durant cette semaine que les formes d’action telles que les grèves, n’ont pas dit leur dernier mot . Trois nouvelles journées d'action auront encore lieu cette semaine les 22, 23 et 24 janvier. Si le métro parisien devait certes retrouver un trafic quasi normal ce 20 janvier, c’est parce que les agents souhaitent reprendre des forces avant la prochaine mobilisation prévue vendredi 24, jour du Conseil des ministres. Chez les cheminots, la grève « est loin d’être finie », a indiqué dimanche 19 janvier Cédric Robert, porte-parole de la CGT-Cheminots, qui annonce un « retour significatif des grévistes » pour vendredi où l’intersyndicale « appelle l'ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la grève y compris reconductible là où les salariés le décident » .