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Sécurité globale, insécurité sociale

Frédéric Dayan
16 décembre 2020 | Mise à jour le 16 décembre 2020
Par | Rédacteur en chef adjoint
Avec sa loi de « sécurité globale », l'exécutif tente de nous vendre l'idée qu'Emmanuel Macron se fait des « Jours heureux » promis le 13 avril, lors du premier confinement. Non content de nous avoir fait renoncer à une part de nos libertés publiques contre un peu de santé rationnée, le gouvernement veut aussi durcir, banaliser et pérenniser la vie en état d'urgence.

Sans vraiment convaincre, à en juger par les puissantes manifestations contre cette loi, amplifiées par la médiatisation des images de violences commises par les forces de l'ordre. Il veut nous vendre l'ultra-sécurité au mépris des libertés individuelles et collectives. Face à la peur du déclassement qui gagne du terrain, à la pauvreté qui s'étend, aux inégalités qui se creusent, au chômage et à la précarité qui gâchent tant de vies, à l'insécurité sociale qui taraude des millions de Français, Jupiter répond par une militarisation de la police. Par l'interdiction faite à la presse et aux citoyens de rendre visible la violence illégitime des forces de l'ordre, en particulier contre les mobilisations sociales et contre les populations des quartiers défavorisés. Cette dérive ultra-sécuritaire justifiée prétendument par la protection « de ceux qui nous protègent » est le corollaire de l'hyper-rigidité, la surdité, le déni opposés aux expressions légitimes du mouvement social contre la loi travail, contre la réforme des retraites, contre la casse de l'emploi ou des services publics. Elle a sévi contre les Gilets jaunes comme elle s'en prend désormais à toutes les manifestations. Tandis que frappe cette crise sans pareil, c'est de sécurité sociale dont nous avons besoin. Besoin aussi de donner corps à la devise républicaine. Besoin de démocratie sociale. Parce qu'il va falloir très vite nous mobiliser pour défendre nos retraites, notre assurance chômage, ne cédons pas un pouce de nos libertés démocratiques. À commencer par le droit de vous informer.