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Industrie automobile

Emmanuel Macron sur le site de la future usine de batteries à Renault Douai

29 juin 2021 | Mise à jour le 29 juin 2021
Par | Photo(s) : Ludovic Marin/AFP
Emmanuel Macron sur le site de la future usine de batteries à Renault Douai

Emmanuel Macron se pavane à Renault Douai avec l'annonce d'une future usine de batteries. Juste après la liquidation de la fonderie automobile MBF de Saint-Claude, le coup de com' a du mal à passer. La CGT Renault et la FTM CGT dénoncent le manque d'ambition du gouvernement pour la filière automobile.

Après la photo bucolique du président proche des Français à la campagne, voici l'image du président à l'usine près des ouvriers ce 28 juin 2021 sur le site de Renault Douai. Tel le sauveur, Emmanuel Macron est venu avec dans sa besace l'implantation de Envision, un partenaire chinois qui installera une usine de batteries avec un investissement de 2 milliards d'euros. L'État et les collectivités y mettraient pour 200 millions d'euros de contribution.

D'où peut-être, l'accueil chaleureux de Xavier Bertrand, tout juste réélu président de la Région Hauts-de-France, et prétendant sérieux à la présidence du pays. C'est en tout cas, encore tout auréolés de cette gloire que les deux présidents ont offert ce drôle de spectacle que les habitants de cette vieille terre industrielle martyrisée étaient priés d'applaudir.

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Les batteries pour remplacer les emplois perdus ?

Envison promet un millier d'emplois pour 2024 et évoque même 2 500 emplois au lointain horizon 2030. L'usine devrait fournir les futurs véhicules électriques construits par ElectriCity, la filiale du constructeur Renault pour les sites nordistes de Douai, Maubeuge et Ruitz. Il est clair que cette région aura bien besoin de réembaucher les milliers de salariés récemment licenciés dans l'ancien bassin minier, ou dont l'emploi est menacé. Rappelons qu'il y a quelques mois de cela, l'usine de pneus Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais) fermait avec ses 863 salariés et que les 1 500 salariés de la Française de mécanique à Douvrin (Pas-de-Calais) apprenaient qu'un moteur qu'ils produisaient allait être délocalisé.

En contrepartie Stellantis a lui aussi annoncé la création d'une grande usine de batteries (ACC) sur le site de Douvrin avec un consortium PSA-Total. Ce petit territoire concentrerait donc deux grandes usines de batteries. Créer une filière de batteries électriques fait partie des propositions de la CGT pour relancer l'automobile. Pour autant, on reste très loin du compte quant à la globalité des mesures à prendre sur l'enjeu de la filière automobile. Au vu des licenciements massifs qui impactent l'automobile, et notamment sa filière fonderies, le syndicat ne cache pas son scepticisme quant au nombre d'emplois qui seront réellement créés dans la région de Douai.

La CGT dénonce une trahison

À l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron sur le site de Renault Douai, la coordination CGT Renault et la fédération CGT de la métallurgie ont tenu, dans une déclaration commune, à exprimer ce scepticisme voire cette colère : « Aucun engagement quel qu'il soit n'a été pris quant à l'activité et l'emploi, assujettis à l'évolution du marché automobile ! La coordination des syndicats CGT Groupe Renault et la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie, sans négliger cet investissement, s'indignent du manque d'ambition du gouvernement. L'annonce en grandes pompes de la création de cette usine de batterie avec à la clé des emplois ne peut masquer les délocalisations qui ne cessent depuis plusieurs mois, notamment dans les fonderies françaises ! Le gouvernement et la direction générale de Renault trahissent l'ensemble de la filière automobile en abandonnant ces fonderies sur l'ensemble de l'hexagone. Ce sont plus de 5 200 emplois qui sont immédiatement menacés dans les métiers des fonderies. Et plus de 50 000 dans les technologies des moteurs thermiques. Le gouvernement n'a aucune ambition industrielle. En tant que premier actionnaire de Renault, il accompagne la direction dans les destructions d'emplois tant dans les services d'études et que sur le plan industriel ! »

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La CGT porte une autre ambition

À l'opposé des coups de communication, la CGT porte depuis plusieurs mois un plan stratégique complet pour la relance de la filière automobile. Il s'agit notamment d'y conditionner les aides publiques à des résultats en termes d'emploi et de respect des normes sociales et environnementales.

Il n'est plus possible que des milliards d'aides publiques soient dilapidés pour gaver essentiellement les actionnaires des constructeurs et des multinationales. Au-delà des luttes puissantes et courageuses qui se déroulent toujours dans plusieurs fonderies de l'automobile, ce plan est mis en débat partout avec les salariés, la population, des chercheurs et les différentes forces vives du pays qu'elles soient politiques ou associatives. Dans le cadre de sa campagne pour l'industrie, la CGT a impulsé plusieurs initiatives — débats autour de ses propositions pour l'automobile, la mobilité et le territoire, à l'image de celui qui s'est tenu au Mans avec Philippe Martinez le 16 juin 2021.

Plutôt que de laisser chez Renault Douai un souvenir comparable à celui qu'il avait laissé à Whirlpool Amiens durant sa précédente campagne électorale, le président de la République serait bien avisé de venir rendre visite aux salariés de MBF à Saint-Claude (Jura) pour y entendre les solutions que portent les salariés pour la sauvegarde de la fonderie automobile française.

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