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TRAVAIL

Grève des travailleurs sans-papiers : en bonne voie

20 octobre 2023 | Mise à jour le 20 octobre 2023
Par | Photo(s) : Bapoushoo
Grève des travailleurs sans-papiers : en bonne voie

Grève des travailleurs chez Derichebourg, le 17 octobre 2023, soulagés d'obtenir les documents indispensables à leur demande de titre de séjour.

Quatre jours après le début d’une grève coordonnée sur 33 piquets en Ile-de-France démarrée le 17 ocotbre 2023, 600 travailleurs sur 650 en situation irrégulière ont obtenu de leur employeur le document Cerfa nécessaire à leur demande de titre de séjour. Une grosse étape est franchie dans ce long chemin vers la régularisation, qui pourrait advenir rapidement.

D’un piquet de grève à l’autre, l’ambiance devient un peu plus festive au fur et à mesure que la situation se débloque pour les quelques 650 travailleurs de l’intérim et du nettoyage partis en lutte pour leur régularisation. Occupant simultanement leur entreprise sur 33 sites en Ile-de-France depuis le 17 octobre 2023, 600 d’entre eux ont obtenu au bout de quatre jours le fameux document Cerfa (demande d’autorisation de travail pour conclure un contrat de travail avec un salarié étranger) délivré par leur employeur et indispensable pour leur demande de titre de séjour.

La CGT obtient des engagements de la part des entreprises

Outre ce précieux sésame, les entreprises concernées s’engagent aussi, à travers un protocole d’accord signé avec la CGT, à remettre une attestation de concordance qui reconnaît la véritable identité des travailleurs contraints d’utiliser un alias (le nom d’un proche) pour occuper un emploi. Ce n’est pas tout. Les employeurs reconnaissent « l’ancienneté, la qualification, le temps de travail et les éléments de rémunération et permet ainsi la continuité du contrat de travail ». D’ores et déjà, des grévistes ont décroché un récipissé les autorisant à travailler.

Rassemblés rue de Ségur à Paris devant le siège d’une entreprise récalcitrante, les grévistes ne boudent pas leur joie. En cercle, quelques-uns enchaînent des pas de danse au rythme des indémodables HK&les saltimbanks. « On est soulagé, les choses devraient aller mieux maintenant », confie Ibrahima, croisé l’avant-veille sur un autre piquet parisien.

Et après?

Maintenant que cette étape majeure est franchie, la CGT attend rapidement du Ministère de l’Intérieur une lettre de cadrage afin d’éviter l’arbitraire des préfectures, qui ont une appréciation à géométrie variable de la circulaire Valls. Prise la 28 novembre 2012, cette circulaire toujours en vigueur, précise les conditions d’examens des demandes de séjour. Les unions locales et départementales de la CGT, qui en amont ont minutieusement compilé les dossiers pour chacun des travailleurs, pourront ensuite les déposer en préfecture.« Vous contribuez à écrire une nouvelle page du combat de toute la classe ouvrière. En faisant en sorte de faire valoir vos droits collectifs, vous refusez la surexploitation à laquelle se prête une partie du patronat », leur a adressé Gérard Ré, membre du bureau confédéral CGT, aux côtés des travailleurs en lutte depuis le début du mouvement.