23 janvier 2026 | Mise à jour le 23 janvier 2026
Saturées, démunies… asphyxiées. Les urgences du CHU de Rennes sont en souffrance. Après un premier débrayage le 14 janvier dernier, un préavis de grève a été lancé et un rassemblement organisé jeudi 22 janvier pour réclamer des mesures immédiates.
Des patients qui attendent des heures sur des brancards, des soignants à bout, épuisés par des conditions de travail très dégradées. Jeudi 22 janvier, sur la Place de la République de Rennes, ils étaient environ 150 à avoir répondu à l'appel de l'intersyndicale (CGT CHU de Rennes, Sud santé sociaux, FO santé et UNSA CHU de Rennes) pour dénoncer la « situation catastrophique » que traversent actuellement les urgences de l'hôpital public breton. Un rassemblement qui a succédé à un débrayage, le 14 janvier, après la mort de deux patients sur leurs brancards dans la nuit du 12 janvier.
« On peut recevoir 150 patients par jour en moyenne, on en a eu 283 en une journée il y a quelques jours, c'est du jamais vu, explique Émilie, aide-soignante aux urgences du CHU de Rennes. Il y a des brancards partout, on passe notre temps à les déplacer pour pouvoir faire les soins. » Avec sa collègue Laurence, aide-soignante aux urgences gériatrie aiguë, elles dénoncent « un pic d'affluence qui n'a pas été anticipé. La direction n'a pas pris les devants. Il faut du renfort dans les équipes, car aujourd'hui la prise en charge des patients est très médiocre. On fait au mieux, mais on n'a pas le temps de s'occuper des patients. C'est grave. » L'Agence régionale de Santé Bretagne a lancé un dispositif d'urgence, le 16 janvier, pour aider à désengorger les services, mais qui n'a, pour l'instant, pas amélioré la situation.
Ouverture de lits et embauche de personnel soignant
La CGT CHU de Rennes a rappelé les revendications défendues par l'intersyndicale : « Nous demandons l'ouverture de 50 lits d'aval et le personnel qui va avec, dans de vraies unités de soins, pour désengorger les urgences, ainsi que deux postes d'infirmières et deux postes d'aide-soignantes pour le service et des postes d'assistants de régulation du 15 pour répondre aux appels supplémentaires, détaille Lionel Lepagneul, secrétaire général de la CGT CHU de Rennes. Ce sont des revendications réalistes qui relèvent de la sécurité sanitaire pour accueillir décemment les patients », insiste-t-il. Lionel Lepagneul regrette aussi que la maire de Rennes, Nathalie Appéré, également présidente du conseil de surveillance de l'hôpital, n'ait pas accepté de recevoir l'intersyndicale, lors du rassemblement.
Si les urgences sont saturées, les autres services de l'hôpital, eux aussi, souffrent. « La surcharge de travail s'accentue et tous les services sont impactés, des soignants aux secrétaires. On demande plus de personnel depuis des années, mais rien ne s'améliore », regrette Yoann, infirmier, membre de la CGT. « Les urgences tiennent aujourd'hui grâce au professionnalisme et au sens du service public des soignants », souligne Lionel Lepagneul. Le secrétaire général de la CGT du CHU de Rennes prévient : la mobilisation continuera jusqu'à ce que l'intersyndicale ait obtenu satisfaction. « On est prêts à continuer, mais il faut que tout le monde se mobilise : on est tous concerné. Demain, ça peut être nous, nos parents ou nos enfants qui auront besoin des urgences », concluent Émilie et Laurence.
Manuella Binet