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BANQUES

La Caisse d’épargne tente d’ubériser ses chargés de clientèle

25 février 2020 | Mise à jour le 28 février 2020
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À la Caisse d'épargne, les syndicats sont sous le choc après la présentation au Comité d'entreprise de la région Bretagne-Pays de Loire d'un projet d'ubérisation de ses conseillers. Testé dans trois agences, le statut d'indépendant pourrait être un ballon d'essai pour remplacer les salariés.

« C'est une énormité ! » s'étrangle Valérie Lefebvre Haussmann, secrétaire générale de la FSBA (Banques-Assurance) CGT. « Le groupe franchit la ligne rouge », s'insurge Frédéric Guyonnet, président national du SNB-CFE-CGC.

« C'est l'ubérisation des métiers », dénonce l'Unsa. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le document présenté le 30 janvier 2020 au CSE de la Caisse d'épargne (groupe BPCE) n'a pas laissé indifférent après avoir fuité dans la presse. Valérie Lefebvre Haussmann fait part de sa colère et de sa surprise.

« On s'attendait à des attaques de ce genre, mais plutôt dans les assurances, pas dans un groupe mutualiste tel que la Caisse d'Épargne. Le métier de conseiller est intégré à la banque, il comporte un statut, il y a des conventions et nous sommes salariés. La proposition de confier des agences à des personnes sous un nouveau statut de Conseiller indépendant local (CIL) revient à attaquer le contrat de travail pour transformer les salariés en auto-entrepreneurs, mais qui resteraient totalement dépendants de la Caisse d'Épargne. »

Un métier dévalorisé

L'argumentaire de la direction de BPCE pour la création de ces CIL tourne autour des baisses de rendement et de l'insuffisance d'effectifs dans des agences locales, notamment au sein des zones rurales en voie de désertification. « La direction déplore de ne pas arriver à embaucher des conseillers salariés. Quand on voit que des jeunes avec Bac + 4 débutent au guichet avec des salaires de 1300 euros nets. Comment pourraient-ils avoir envie de rester ? » interroge Valérie Lefebvre Haussmann. Qu'en sera-t-il avec le nouveau statut de CIL ?

Sans doute pire encore. Horaires de travail, conventions collectives, tout disparaît. Les conditions de travail et de rémunération des CIL seront extrêmement détériorées par rapport à la situation actuelle des salariés de la Caisse d'épargne. Avec l'externalisation de la masse salariale, le coût de l'entretien des agences pourrait aussi se voir transféré sur ces conseillers eux-mêmes. Rémunérés à la commission, les CIL seront encouragés à vendre des produits et non à conseiller la clientèle.

Pour le client, la garantie d'avoir des dossiers correctement montés en sera affectée. Ces conseillers seront en réalité de faux auto-entrepreneurs puisque les portefeuilles appartiendront exclusivement à la Caisse d'épargne. Le lien de subordination disparaîtra fictivement, alors qu'ils demeureront les mandataires exclusifs de la Caisse d'épargne.

La direction préconise enfin le statut de SAS pour les agences. En quelque sorte, des agences seront franchisées et pourront aussi embaucher sous le statut dégradé de CIL.

Syndicats sur le pied de guerre

Pour l'heure, la BPCE n'a pas encore le feu vert des autorités pour la création de ses conseillers bancaires ubérisés. Elle demeure en attente de l'autorisation délivrée par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Afin d'étouffer dans l'œuf cette régression sans précédent, les syndicats ont tenté de demander un CE extraordinaire au niveau national, lequel a été refusé, car pour l'heure, l'annonce ne concerne que trois agences de la Région Bretagne Pays de Loire.

En cas de création du statut de CIL, il n'y a cependant aucune raison de ne pas l'étendre au reste du territoire. La CGT Caisse d'épargne a commencé à tirer la sonnette d'alarme sur l'ensemble du territoire.

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