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ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES

La CGT présente un bilan d'étape de sa campagne sur la revalorisation des métiers du soin et du lien

1 février 2022 | Mise à jour le 1 février 2022
Par | Photo(s) : Laurence Geai / Myop
La CGT présente un bilan d'étape de sa campagne sur la revalorisation des métiers du soin et du lien

À l’occasion d’une journée d’étude consacrée aux conditions de travail, de rémunérations et de formation dans les Ehpad, mardi 1er février, la CGT a présenté un bilan d’étape de sa campagne visant à revaloriser les métiers du soin et du lien.

« La crise sanitaire a mis en lumière que les “premiers de corvée” étaient essentiellement des “premières de corvée”, dont les métiers essentiels sont dévalorisés et sous-payés. Cette dévalorisation des métiers à prédominance féminine explique pour partie l’écart de salaire entre hommes et femmes de 28,5 % », a martelé Sophie Binet, en charge de l’égalité femmes-hommes à la CGT.

Mon travail le vaut bien

Cette campagne s’appuie sur une étude de l’Ires (Institut de recherches économiques et sociales) et une enquête intitulée « Mon travail le vaut bien ». Déployée par la CGT, cette consultation, ouverte jusqu’en mars 2022, donne la parole à des professionnelles issues de quatorze métiers du soin et du lien, tels que les accompagnantes des élèves en situation de handicap (AESH), les aides-soignantes, les agents d’entretien, les agents de services hospitaliers, les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), les aides à domicile…

5 800 salariés, essentiellement des femmes, ont déjà pris le temps de répondre au questionnaire en ligne dans le cadre de la consultation engagée par la CGT jusqu’en mars 2022.

D’ores et déjà, 5 800 salariés, essentiellement des femmes, ont pris le temps de répondre au questionnaire en ligne. « Les premiers constats montrent que le contenu de ces professions est plus complexe que leur qualification. La majorité des salariés témoigne qu’il faut un an pour maîtriser les gestes du métier. La moitié des répondantes témoigne d’un glissement vers des tâches non prescrites mais pourtant vitales », observe l’économiste Rachel Silvera, pilote de l’étude.

Pour bon nombre de ces métiers essentiels, le niveau de qualification est minoré, les compétences relationnelles sont niées, la pénibilité sous-estimée, la précarité restant la norme.

Les travaux de la chercheuse démontrent par ailleurs que pour bon nombre de ces métiers essentiels, le niveau de qualification est minoré (les infirmières ont longtemps été reconnues bac +2 au lieu de bac +3 ; les sages-femmes bac +3 au lieu de bac +6). Les compétences relationnelles sont par ailleurs niées et assimilées à des qualités naturellement féminines, la pénibilité est sous-estimée, la précarité restant la norme, avec des temps partiels imposés fréquents.

Un gisement de 1,2 million d'emplois

Pour la CGT, il s’agit de montrer à travers cette campagne l’enjeu social et économique d’investir dans la reconnaissance de ces métiers du soin et du lien, et de créer un service public de prise en charge de la petite enfance et du grand âge.

Ces emplois répondent à des besoins sociaux majeurs. Julie Valentin, chercheuse à l’université Paris 1 et copilote de l’étude menée par l’Ires

« Ces emplois répondent à des besoins sociaux majeurs. Si la France voulait s’aligner au niveau national sur le niveau de prise en charge des départements les mieux dotés [en matière de petite enfance, de perte d’autonomie, d’action sociale, etc., NDLR], il lui faudrait créer plus de 1,2 million d'emplois, et 1,7 million pour atteindre un niveau de service équivalent à celui de la Suède », expose Julie Valentin, chercheuse à l’université Paris 1 et copilote de l’étude menée par l’Ires.

« L’ensemble des dépenses publiques requises pour la revalorisation des métiers et leur fort développement représentent un total d’environ 3 % du PIB », défend encore l’Ires. Soit un investissement de 50 milliards d’euros qui permettrait par ailleurs à la société d’économiser des dépenses en matière de revenus (sur la prime d’activité, le RSA, etc.) et de générer des recettes fiscales additionnelles. La campagne sur la revalorisation des métiers du soin et du lien se déroule alors que de nombreuses luttes rendent visibles les conditions de travail des soignants, des sages-femmes, des AESH, des travailleurs sociaux, des employés dans les Ehpad.

Audio – Témoignage de Malika Belarbi sur la situation des personnels des Ehpad