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PRESSE

La réforme de la loi Bichet met la diversité de la presse en danger

21 mai 2019 | Mise à jour le 21 mai 2019
Par | Photo(s) : Till Jacket / Photononstop / AFP
La réforme de la loi Bichet met la diversité de la presse en danger

Plusieurs syndicats dont le SGLCE-CGT et le SNJ-CGT appellent à la mobilisation devant le Sénat le 22 mai pour dénoncer la réforme de la loi Bichet qui mettrait le pluralisme de la presse en danger.

Le Syndicat général du Livre et de la Communication écrite CGT (SGLCE-CGT) et le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) appellent à la mobilisation devant le Sénat, le 22 mai, jour d’ouverture des débats sur le projet de réforme de la loi Bichet, dans cette chambre. Présenté en conseil des ministres le 10 avril, le texte prévoit de réformer la distribution de la presse pour « moderniser l'environnement législatif sans casser les fondamentaux qui font le succès du système de distribution de la presse », a expliqué Franck Riester, ministre de la Culture. Or, pour le SGLCE-CGT, « ce projet de loi retire tous les principes fondamentaux de la loi Bichet, qui a permis depuis 72 ans, de distribuer la presse avec une égalité de traitement entre journaux, magazines d’opinions, qu’ils soient à faibles revenus publicitaires ou non, adossés à un un grand groupe ou non », explique Didier Lourdez, son secrétaire général. L’Humanité est par exemple distribué au même titre que Le Figaro ou Le Monde, des quotidiens bien plus puissants « grâce à un système de péréquation des coûts qui faisait participer chaque titre proportionnellement à leur distribution », ajoute le syndicaliste.

De maigres exceptions dans un système commercial

Les syndicats craignent de passer globalement à un système commercial à quelques exceptions près. Les titres IPG (information de politique générale) comme les grands quotidiens nationaux continueraient d’être obligatoirement distribués ; des titres qui possèdent une commission paritaire (CCPAP) comme des magazines mais dont on ne connaît pas encore la liste bénéficieraient du titre IPG devraient l’être également ; enfin, les titres dits hors presse (mots croisés, etc.) qui représentent près de 30% du marché. Or, si ces derniers étaient exclus du principe de mutualisation, les montants des contributions seraient en baisse… La nouvelle loi devrait également permettre au kiosquier de faire son tri et de refuser de vendre des mots croisés par exemple. Or, « au nom de la pluralité de la presse, tout ce qui est aujourd’hui imprimé doit être présent en kiosque partout en France », martèle le syndicaliste qui admet que les quantités doivent être ajustées à la demande de chaque point de vente. Et de prévenir « la presse n’est pas une marchandise comme une autre, il en va de la liberté de la presse qui contribue à notre démocratie ».

Défendre le pluralisme

Même son de cloche du côté du SNJ-CGT pour qui la défense de la loi Bichet équivaut à « défendre le pluralisme dans ce pays ». « Le gouvernement veut nous imposer un projet de loi, comme d’habitude, en procédure accélérée, sans véritable débat, dénonce Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT. Il s’agit d’une loi qui va faire plaisir aux grands groupes qui possède déjà la plus grande partie de la presse de ce pays et qui va signer la mort de beaucoup de petits titres puisque la fin de la loi Bichet, c’est la fin d’un traitement égalitaire de la distribution des titres de presse ». Journalistes, salariés des métiers de la profession, lecteurs… sont concernés par ce qui s’apparente à s’y méprendre à une libéralisation du secteur.

 

 

Rendez-vous le 22 mai à 10h30 devant le Sénat : 16 rue de Tournon à Paris (métro Luxembourg)