Latécoère, malade imaginaire
Malgré des résultats financiers exceptionnels, la direction de Latécoère, qui s’est volontairement placée entre les mains de fonds d’investissement, s’apprête à licencier. Les salariés disent non au plan « Transformation 2020 » et ont entamé une grève.
Publié le 29 septembre 2016
Malgré des résultats financiers exceptionnels, la direction de Latécoère, qui s’est volontairement placée entre les mains de fonds d’investissement, s’apprête à licencier. Les salariés disent non au plan « Transformation 2020 » et ont entamé une grève.
« Qu’on nous laisse bosser ! » Lorsque Fred s’empare du micro, l’ouvrier résume les paroles qui résonnent, mercredi 21 septembre, devant le portail du siège social de l’équipementier. Depuis, la colère a franchi un cap. La CGT Latécoère a appelé les salariés de l’usine toulousaine à débrayer pour dénoncer le plan « Transformation 2020 », mercredi 28 septembre.
Car Latécoère n’a pas besoin de licencier, de délocaliser, de fermer ou de vendre ses usines, de démembrer le groupe par un projet de cession ou de liquider ses actifs comme la direction de l’équipementier le préconise depuis le 7 juin. « Je voudrais lui demander de faire preuve d’un peu de bons sens », ajoute Fred, avec l’approbation de la centaine de salariés et de militants présente ce jour-là. La situation, en effet, ne prête pas le flanc à la panique.
Le groupe, qui s’apprête à célébrer son centenaire, affiche sur l’exercice 2015 un beau check-up : 38 millions d’euros de résultat opérationnel et un carnet de commandes équivalant à près de quatre ans de chiffre d’affaires, par exemple.
La grosse ordonnance
Le projet de restructuration « Transformation 2020 » affecte chacune des trois branches du groupe : plans de délocalisation et de licenciement chez Latécoère SA ; démantèlement de l’usine historique à Toulouse, siège du groupe ; cession de Latécoère Services, la branche d’ingénierie et de conception/production d’outillages du groupe ; fermeture de l’usine de Tarbes de la branche « câblage » Latelec.
Les emplois permanents, détruits ou menacés, le sont tous dans la région Occitanie : près de 250 chez Latécoère SA à Toulouse, 600 chez Latécoère Services en région toulousaine et une trentaine à Tarbes, dont autant de postes temporaires.
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